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Loeb-Ogier, salades grecques

Sébastien Loeb et Sébastien Ogier

Sébastien Loeb et Sébastien Ogier - -

La situation est de plus en plus tendue au sein de l’équipe Citroën. La rivalité entre Sébastien Loeb et Sébastien Ogier a encore franchi un cran ce week-end en Grèce, avec la victoire du cadet devant l’aîné. L’Alsacien, qui déplore un manque de soutien, est très remonté.

C’était une belle promesse hivernale. Le maître ne devait plus être intouchable. L’élève ne devait plus être un faire-valoir. Et Citroën ne devait plus favoriser l’un de ses pilotes par rapport à l’autre. Sébastien Loeb, septuple champion du monde, contre Sébastien Ogier, un mélange de talent et de soif de vaincre. Avec Olivier Quesnel, le patron de l’équipe française, en garant de l’équilibre des chances et du maintien de la bonne ambiance. Une première entorse à l’esprit du duel a eu lieu au Mexique, début mars, quand l’aîné ne s’était pas contenté d’une deuxième place et avait poussé le cadet à la faute.

En Grèce, ce week-end, la réplique a été forte. Leur rivalité a entraîné une prise de position de la part de leur direction. Que devait-elle faire ? Protéger le roi des rallyes, au risque de perdre son probable successeur ? Ou ne pas le faire et provoquer sa colère ? Samedi soir, Olivier Quesnel a choisi la deuxième option. Sébastien Loeb l’a vécu comme un crime de lèse-majesté. Déjà ouvreur et donc balayeur lors de la première journée du rallye de l’Acropole, eu égard à son statut de leader du championnat du monde, l’Alsacien a vu son jeune coéquipier ralentir lors de la dernière spéciale samedi.

Loeb : « Je dois me démerder tout seul »

Sébastien Ogier perdait alors volontairement sa première place provisoire et laissait les commandes à Sébastien Loeb. Premier coup de gueule, à chaud. « Je savais, avec la stratégie mise en place, que dans tous les cas, j’étais niqué (sic), explique le septuple champion du monde. Je n’avais aucune issue. De toute façon, j’étais baisé (sic). On n’avait pas les temps intermédiaires d’Ogier. Dans le doute, on lui a dit de se mettre derrière moi. C’est ce qui m’a énervé. Pourquoi on ne l’a pas laissé rouler alors qu’il avait déjà 15 secondes d’avance ? Pourquoi on a misé sur lui et pas sur moi ? »

Il n’en fallait pas plus à Sébastien Ogier pour s’imposer pour la troisième fois de la saison, trois semaines après sa grossière erreur en Argentine. Sébastien Loeb, lui, a le sentiment d’avoir été négligé par son équipe. « Ça fait sept fois que je gagne avec Citroën, j’ai toujours été le favori de l’équipe, j’ai toujours eu tout le monde derrière moi, rappelle l’Alsacien. Je ne conçois pas que je sois deuxième pilote. Soit on est égaux, soit j’ai le soutien de l’équipe parce qu’on a gagné sept titres et on fait quelque chose pour m’aider. Là, je dois me démerder tout seul. Je n’ai pas été habitué. » En Finlande, fin juillet, les effets du coup de chaud grec ne devraient pas s’être dissipés…

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Ogier : « Je n’abdiquerai pas »|||

Vainqueur du rallye de l’Acropole ce dimanche, avec 10’’5 d’avance sur Sébastien Loeb, et également le plus rapide lors de la dernière spéciale (power-stage), Sébastien Ogier revient à 22 points de son coéquipier au championnat du monde. Il est toujours troisième, mais à seulement cinq points désormais du Finlandais Mikko Hirvonen. « Tant qu’il y aura un espoir mathématique, je n’abdiquerai pas », assure le Gapençais. Il jure que la polémique née de sa tactique vendredi et samedi soir, avec son ralentissement volontaire pour laisser Sébastien Loeb devant lui, n’affectera pas les relations au sein de l’équipe Citroën. « Il y a quelques réactions à chaud, reconnait Sébastien Ogier. ‘Seb’ (ndlr : Loeb) a peut-être eu des mots qu’il ne pensait pas. J’ai déjà dit que j’avais beaucoup de respect pour lui. Mais quand on met le casque, on fait le maximum pour gagner. »