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Peterhansel : « Gagner ? Un super bonus »

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A 47 ans, Stéphane Peterhansel (Mini ALL4 Racing) est en route vers un 11e succès sur le Dakar. A trois jours de l’arrivée à Santiago, le Français va gérer son avance sans se laisser piéger ni penser à la victoire finale qui l’attend. Il tient d’abord et avant tout à prendre du plaisir.

Stéphane, comptez-vous gérer votre première place vu l’avance dont vous disposez au général ?

C’est plus confortable, c’est sûr, que quand on était à la bagarre avec Nasser Al-Attiyah, où c’était à la minute (depuis, le pilote qatari a abandonné, ndlr). On ne pouvait rien lâcher, on ne pouvait pas réfléchir. Il fallait tout simplement donner le maximum de la voiture et de nous-mêmes. Aujourd’hui, on sait qu’on peut se permettre de lâcher quelques minutes à droite à gauche. Et essayer de ne pas tomber dans les gros pièges qui vont arriver, les grosses étapes de dunes, des grands dunes compliquées, gigantesques du coté de Copiapó. Il ne faudra pas tomber dans ce qu’on appelle des entonnoirs, et y perdre des dizaines de minutes.

Durant la course, êtes-vous au courant de ce que font les autres pilotes ?

Etre au courant, non. On n’a aucune information dans la voiture. Mais c’est sûr que partir quelques positions après les autres, c’est pas mal. Les traces seront faites dans les dunes, c’est plus facile. Ça permet de ne pas être le fusible qui saute le premier. Quand on ouvre la course, s’il y a un piège inévitable, c’est celui qui ouvre la route qui se le prend dans le nez.

Lors des dernières étapes, vous essayerez donc de ne pas être premier ?

On va essayer de gérer comme on le peut (rires). Mais ça n’est jamais une science exacte. Si jamais j’arrive à rattraper les concurrents devant moi, je ferai forcément un meilleur temps qu’eux. Je ne peux pas dire la stratégie que j’aurai jusqu’à la fin. On fait le point chaque jour.

Parvenez-vous à ne pas trop penser à la victoire finale ?

Je prends du plaisir dans les dernières spéciales même si le chrono est toujours un peu dans la tête. Dernièrement, on a eu des spéciales un peu typée WRC, du pur plaisir de pilotage. Sur ces moments-là, on ne pense pas forcément au chrono et à la victoire finale, on s’amuse avant tout.

L’année dernière lors de votre 10e titre sur le Dakar, on vous sentait plus à cran à quelques étapes de l’arrivée…

L’année dernière, c’est vrai que j’étais beaucoup plus tendu parce que ça faisait un moment que la victoire ne m’avait pas souri. L’équipe Mini n’avait jamais gagné le Dakar, je voulais leur apporter cette victoire donc j’avais une vraie pression sur les épaules. Les écarts étaient très réduits. Cette année, j’ai pris le Dakar différemment en me disant que quoiqu’il arrive, ce sera un super bonus si je gagne encore une fois. Si je ne gagne pas, 10 victoires c’est déjà beaucoup et je peux être satisfait avec ça. Cette année je me dis : « Fais-toi plaisir, profite de cette course », et après on verra, si ça marche ou pas.

Propros recueillis par Antoine Arlot