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Peterhansel : « Je suis capable de gagner avec la Mini »

Stéphane Peterhansel

Stéphane Peterhansel - -

Stéphane Peterhansel, déjà vainqueur du Dakar à neuf reprises, fait figure de favori à la veille du départ de la 33e édition de l’épreuve. Le Français vise un dixième succès, le premier avec sa Mini mais aussi en Amérique latine.

Stéphane Peterhansel, vous courez toujours après votre dixième victoire au Dakar depuis 2007. Cela vous ajoute-t-il une pression ?

Je n’ai pas plus de pression, j’ai souvent été présenté comme le favori mais j’arrive à contrôler tout ça. Ma dernière victoire remonte en 2007 en Afrique avec une Mitsubishi. Depuis qu’on est en Amérique du Sud, ça ne m’a pas souri. Il faut que je prouve que je suis capable de gagner avec la Mini. Ça me motive réellement de prendre des risques. Je suis super motivé par cette dixième victoire mais si je ne pense pas en ces termes. Je pense davantage à gagner pour la première fois avec le team X-Raid et a signé un premier succès en Amérique du Sud

Le retrait de Volkswagen va-t-il vous avantager ?

Ça ouvre un peu plus la porte. On avait, face à nous, une équipe parfaite avec des pilotes super forts. Sur les quatre pilotes qui étaient chez Volkswagen, deux anciens vainqueurs (Nasser Al-Attiyah, tenant du titre, et Giniel De Villiers) vont prendre le départ de la course. Ils n’auront pas les mêmes véhicules (ndlr : Hummer pour Al-Attiyah, Toyota pour De Villiers). Ça nous ouvre une possibilité de gagner le Dakar. Mais rien n’est gagné d’avance. J’ai eu la chance de la gagner quelques fois et c’est compliqué d’assembler toutes les pièces du puzzle : la bonne voiture, le bon copilote, la bonne technique de pilotage, la bonne logistique. On peut être surpris par des challengers. Le coup n’est pas gagné d’avance. Quand j’étais en moto, mon équipe, Yamaha, dominait et les KTM étaient toujours deuxièmes. Quand Yamaha a arrêté, ils se sont dit « c’est pour nous ». Mais entre temps, BMW est arrivé et a raflé les deux Dakar suivants. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

« Une ambiance super sympa sur la piste »

La navigation a-t-elle encore une part importante dans la victoire finale ?

Depuis l’année dernière, il y a un retour à un GPS limité dans ses fonctions. Il y a donc un retour à la navigation au road book. On a seulement 5% d’aide au GPS. C’est une navigation à l’ancienne. Ça stresse à l’intérieur de la voiture comme on était stressé quand il n’y avait pas de GPS. L’esprit du Dakar reste là. C’est très dur de gagner des minutes en pilotage pur et c’est très facile d’en perdre beaucoup sur une erreur de navigation.

Êtes-vous surpris par le succès populaire du Dakar en Amérique latine ?

Il y a de plus en plus de gens autour de la piste. Pour nous qui avons connu l’Afrique, c’est un gros changement. En Afrique, les gens qui regardaient étaient là par curiosité. Ici, c’est par pure passion. Ce sont deux publics impressionnants. Ça crée une ambiance super sympa sur la piste.