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Ajinça prend son envol

Alexis Ajinça

Alexis Ajinça - -

L’équipe de France aura besoin d’un grand Alexis Ajinça si elle veut passer le cap des quarts de finale de l’Euro contre la Slovénie, ce mercredi (21h). Longtemps en difficulté, le pivot des Bleus semble trouver un nouveau souffle.

La carrière d’Alexis Ajinça aurait pu se dérouler loin des parquets. Sur une piste de BMX ou bien sur les sentiers pentus des descentes de VTT. Fan de BMX, il devient même vice-champion du monde de la discipline en 1997 à Saskatoon (Canada). Il a 9 ans et mesure alors 1,70 m. L’heure du choix n’est plus très loin. Basket ? VTT ? BMX ? Le gamin touche sa bille un peu partout. Mais s’il veut faire carrière dans l’un de ces sports, il devra en écarter deux. A 12 ans, alors qu’il culmine déjà à 1,82 m et sous les conseils de son cousin qui lui répète que sa taille est un atout, il opte pour le basket. « Ce sont des bons souvenirs, mais je devais faire le choix. Ce n’est pas avec les deux autres que j’allais faire une grande carrière et que j’allais en vivre », se souvient aujourd’hui le pivot de l’équipe de France.

Alexis Ajinça a aujourd’hui 25 ans, mesure 2,15 m et compte 20 sélections. Sa première expérience en bleu remonte à 2009 lors du Championnat d’Europe de repêchage. Pas franchement une réussite pour celui qui doit faire face à une rude concurrence. « Ma première sélection, j’avais 20 ans, explique aujourd’hui le joueur de Strasbourg. Ça change beaucoup de choses. J’ai passé un cap dans ma vie. Ça m’a aidé à mûrir. C’est ce qui a provoqué le déclic qui fait que je suis plus concentré. Et je ne vais pas vous mentir. J’ai rencontré une femme qui m’a permis de passer à autre chose. »

Une clause pour retourner en NBA

Sélectionné grâce aux absences des trois pivots de l’Euro 2011 (Joakim Noah, Ali Traoré, Kévin Séraphin), lui refuse de se mettre dans la peau d’un remplaçant. Après des débuts timides dans cet Euro slovène, il marque 25 points lors du match contre la Lettonie vendredi dernier. Son record en sélection et la première fois qu’un pivot des Bleus inscrit autant de points depuis 10 ans. Une progression qu’il doit à son coach Vincent Collet, qui l’entraîne également à Strasbourg depuis une saison. Un Collet qui l’a récupéré après un passage raté de 3 ans en NBA où il n’a quasiment pas joué (Charlotte, Dallas, Toronto). Disposant d’une clause NBA dans son contrat, il peut d’ailleurs partir dès qu’il aura une proposition. Un rêve pour celui qui veut prouver qu’il a sa place là-bas alors que les franchises d’Oklahoma City et Utah ont envoyé des émissaires en Slovénie

Très entouré au sein des Bleus, il peut également compter sur Tony Parker qui l’a pris sous son aile. « Il a besoin d’être mis en confiance. Et quand il est confiance, il est performant. S’il joue à un haut niveau, on aura une plus grande chance d’aller loin » glisse le meneur. Mais également sur son copain, Nicolas Batum qu’il côtoie depuis l’âge de 12 ans. « Je le connais par cœur. Je sais de quoi il a besoin quand il a besoin de soutien. C’est un mec en or qui ne prend jamais rien au sérieux et qui est toujours dans la déconne. Il aime vivre et vit pleinement. » Car Ajinça, c’est aussi ce drame familial quand il perd quatre proches dont son père à l’été 2010…

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Pierrick Taisne avec Nicolas Jamains à Ljubjana