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Collet : « Arriver au quart dans le bon rythme »

Vincent Collet

Vincent Collet - -

Qualifiée pour les quarts de finale de l’Euro, l’équipe de France dispute son dernier match du tour principal ce dimanche (21h) contre la Serbie. Mais pas question d’appuyer sur le frein. Parole de sélectionneur !

Après la victoire face à la Lettonie (102-91), tout le monde disait que le match le plus important à venir était le quart de finale. Jouer la Serbie constitue-t-il un bon dernier préparatif ?

Dans notre situation, je ne crois pas. Avant le match face à la Lettonie, je disais que depuis le début qu’on avait fait cet Euro sans être dominateur, bien au contraire. Mais on a fait un match de qualité hier (vendredi, ndlr) et il faut essayer de continuer pour arriver au quart de finale dans le bon rythme. On verra ce qui se passera mais ce serait bien d’enchaîner une deuxième bonne performance.

La qualification en poche, pensez-vous mettre certains cadres au repos contre la Serbie ?

Non, ce n’est pas prévu au programme. Il y aura du temps entre ce match et le quart de finale, trois ou quatre jours. C’est le moment de trouver le bon rythme. On s’en approche. L’écart contre la Lituanie (défaite de 14 points lors du premier match du tour principal, ndlr) a eu un impact médiatique mais ce n’était pas fondamentalement un mauvais match. Il y avait des choses positives même si on était privé d’adresse. Dans cette deuxième phase, pour l’instant, on est monté en régime. Ce serait bien de continuer de le faire contre les Serbes, qui ont aussi une forte équipe.

La Serbie, c'est très costaud, non ?

Effectivement, au propre comme au figuré. Leurs intérieurs sont des gaillards. Nenad Krstic est pour l’instant le meilleur pivot de l’Euro, avec l’Espagnol Marc Gasol, et il devrait le rester. Une grosse partie de leur organisation offensive se fait autour de lui. Et les deux autres intérieurs ne sont pas non plus des agneaux. On peut donc dire qu’ils sont costauds individuellement. Mais comme équipe également, car ça joue au basket de façon disciplinée. Ils ont perdu de leur superbe contre les Ukrainiens (défaite 82-75 vendredi soir, ndlr) car ces derniers leur ont enlevé une partie du jeu intérieur et, malgré une adresse plus que correcte, ça les a mis en difficulté. C’est une source d’inspiration. Cette équipe est jeune et peut être perturbée quand elle est malmenée.

On a rarement vu Boris Diaw prendre les choses en mains comme il le fait en ce moment. Avez-vous l'impression de découvrir un nouveau Boris sur cet Euro ?

Son évolution ne date pas que de cet Euro. Boris a 31 ans et, avec les autres anciens, comme je l’avais déjà dit il y a deux ans, ils sont dans la maturité. Je sens de sa part une implication de tous les instants dans la vie du groupe. Il partage beaucoup avec le staff. Il veut savoir comment on voit les choses, comment il peut convaincre ses partenaires de l’importance de certaines choses. Par exemple, il a pris la parole dans le vestiaire après mon speech vendredi (défaite contre la Lituanie, ndlr) pour réaffirmer certaines choses. Il est pleinement dans son rôle de capitaine. Mais ce n’est pas totalement nouveau. Ça a commencé il y a deux ans et c’était aussi le cas l’année dernière pour les Jeux. Nos deux leaders, Boris et Tony Parker, savent très bien qu’ils se rapprochent de la fin de carrière et qu’il n’y a pas de temps à perdre. Ils sont engagés dans ce processus-là.

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Quel enjeu contre la Serbie ?

Déjà qualifiée pour les quarts de finale, l’équipe de France pourra tout de même se fixer des objectifs face à la Serbie. Un rythme positif à garder, déjà. La place finale dans le groupe E du tour principal, aussi. En cas de victoire, les Bleus seraient assurés de terminer premiers (si l’Ukraine bat la Lituanie) ou deuxièmes. Une défaite les reléguerait à la troisième ou quatrième place. Si l’adversaire en quart sera, quoi qu’il arrive, de qualité (Espagne, Slovénie, Grèce, Italie ou Croatie), éviter les bêtes noires espagnole et grecque ne serait tout de même pas pour déplaire aux joueurs de Vincent Collet. La longueur du repos d’ici au quart est également en jeu : si la France termine première ou troisième, elle jouera son premier match couperet mercredi. Si elle prend la deuxième ou la quatrième place, ce sera pour jeudi. « On va vraiment jouer ce match contre la Serbie pour le gagner, explique Tony Parker. On ne va pas faire de calcul. » Ils auront le temps de sortir les calculatrices à l’issue de la rencontre.

Propos recueillis par Nicolas Jamain à Ljubljana