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Collet : "L’Euro ou la médaille olympique ? Je veux les deux !"

Vincent Collet a annoncé ce jeudi sa liste élargie à 16 joueurs pour la préparation de l'EuroBasket en France (5-20 septembre). Le sélectionneur des Bleus a expliqué ses choix et dévoilé ses ambitions au micro du Super Moscato Show sur RMC.

Vincent Collet, Edwin Jackson, que vous n’avez pas sélectionné, vient d’annoncer la fin de sa carrière internationale. Prenez-vous ça comme du dépit ?

Je pense. En tout cas, je l’espère car ça ne mérite pas ça. C’est une sélection et il était clairement parmi ceux qui étaient à la limite. Il aurait pu être dans le groupe mais sans garantie d’être dans l’équipe finale, ce que les joueurs recherchent in fine. Effectivement, je pense que c’est sous le coup de la déception et c’est dommage car Edwin a encore du temps pour faire partie de cette équipe de France. L’an passé, quand il y a été, il a quand même ramené une médaille de bronze de la Coupe du monde, en ayant en plus un vrai petit rôle.

Quand choisirez-vous les 12 joueurs qui disputeront cet Euro ?

C’est quelque chose auquel on réfléchit tout au long de l’année. On avance dans le temps, on regarde les joueurs évoluer et les pépins. Adrien Moerman aurait été dans cette liste des 16 s’il ne s’était pas blessé en finale de Pro A. Cette année, on n’avait pas de joueurs en finales NBA mais l’année dernière, on avait Boris Diaw et Tony Parker et il pouvait arriver un coup dur. On le sait, il faut être prêt à y parer et c’est pour ça que, sans arrêt, on discute avec mes assistants sur les éventualités et comment on construit les choses. On avait une idée aussi, c’est de compenser cette préparation qui va être plus compliquée que d’habitude car on a beaucoup de matchs dans des endroits différents, ce qui veut dire moins de temps de stage et un peu moins d’entraînements. La chance qu’on a depuis quelques années, c’est qu’on a conservé un noyau et ça nous permet d’avoir une assise. On ne s’amuse pas à changer les systèmes tous les ans, donc on gagne du temps.

Conserver votre titre en France serait le Graal avant les Jeux Olympiques…

Bien sûr. Il y a clairement la possibilité de faire quelque chose aux JO puisqu’on s’est raté en 2012 (défaite contre l’Espagne en quarts, ndlr). Sur quatre ans, c’est la seule année où cette génération n’a pas pris quelque chose. C’est forcément le plus grand moment de notre carrière, qu’on soit joueur ou coach, avec la pression qui va avec et qu’il faut accepter. A partir du moment où on va être capable d’y faire face, ça ne peut qu’être positif. 

« Si tu perds en 8e, c’est la fin d’une génération »

Préfériez-vous être champion d’Europe à domicile ou monter sur le podium olympique ?

C’est une sacrée question ! Je préfère le podium olympique. D’une part parce qu’on a été vice-champion d’Europe en 2011, champion d’Europe en 2013 et par contre on n’a pas eu de médaille olympique. Mais en fait, je ne préfère rien, parce que je veux les deux !

En 8es de finale, vous pourriez affronter l’Espagne, la Serbie, l’Allemagne, l’Italie ou la Turquie. Que du lourd…

Ce 8e de finale est mortel parce que si tu perds en quarts, tu as la chance de pouvoir aller au tournoi pré-olympique en gagnant le match de classement. Mais si tu perds en 8es, c’est fini, c’est la fin d’une génération. Ça va être un match de la peur.

Vous avez préféré Mam Jaiteh à Kévin Séraphin dans votre groupe, signe que la NBA n’est pas un critère primordial pour être appelé en équipe de France…

Ce soir (jeudi), il sera sûrement en NBA car je pense qu’il va être drafté. Mais quoi qu’il en soit, c’est exact. Il y a deux ans, Alexis Ajinça n’était pas encore revenu en NBA et malgré tout, il était le pivot titulaire en équipe de France. On est depuis quelques années avec un mix de joueurs NBA et « européens ». Ce qu’on veut, c’est qu’ils soient bons et à même d’apporter à l’équipe de France. Il faut des joueurs qui soient leaders et d’autres qui soient complémentaires.

Que change l’explosion de Rudy Gobert aux ambitions de l’équipe de France ?

En tout cas, elle permet de les maintenir. Ce qui est intéressant avec Rudy, c’est que c’est un jeune joueur (22 ans), qui a déjà été performant l’année dernière à la Coupe du monde, mais sur des séquences. Là, on attend de lui qu’il tienne, qu’il soit un véritable leader. C’est un athlète incroyable, il court comme les arrières donc c’est forcément un joueur cadre de cette équipe de France dans les années qui viennent. Mais déjà, il aura des responsabilités. On voulait l’installer rapidement comme un cadre. Le fait de prendre Mam Jaiteh, c’est peut-être moins de concurrence mais plus de complémentarité. Gobert est notre pivot titulaire.