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Collet : « On s’interroge pour Noah »

Vincent Collet

Vincent Collet - -

Invité du Moscato Show sur RMC, Vincent Collet, l’entraîneur de Strasbourg et de l’équipe de France, a évoqué les difficultés auquel il peut se heurter en sélection. La présence de Joakim Noah à l’Euro (4 au 22 septembre en Slovénie) n’est pas certaine.

Vincent Collet, comment faites-vous pour cumuler les deux casquettes, entraîneur de Strasbourg et des Bleus ?

Au basket, les compétitions internationales sont pendant l’été, pendant que les clubs ne jouent pas. Moi, ça me demande simplement de regarder beaucoup de matches des autres championnats, là où évoluent nos joueurs sélectionnables. Je le ferais de toute façon, par culture et par information, car il y a des championnats très intéressants. Donc pour moi, ça ne change pas vraiment la donne, à ceci près que je n’ai pas de vacances. Mais quand on a la passion, on ne compte pas.

Vous avez parfois eu des difficultés à avoir certains joueurs de NBA à disposition. Qu’en sera-t-il pour ce championnat d’Europe ?

Ils seront tous là a priori. Celui pour lequel on s’interroge un peu, c’est Joakim Noah.

Parce qu’il est réticent ou en raison de son club, les Chicago Bulls, qui ne vous facilite pas la tâche ?

Les deux, clairement. Chicago est une franchise qui met beaucoup de pression sur ses joueurs. Mais l’an passé, ils ont lâché des joueurs pour les Jeux de Londres et Joakim était présent il y a deux ans au championnat d’Europe, donc on a bon espoir. En ce qui concerne Joakim, il le dit lui-même, son sentiment d’appartenance au maillot tricolore n’est pas aussi fort que peut l’être celui d’un Tony Parker ou d’un Boris Diaw. Je suis conscient de sa spécificité : sa maman est Suédoise, il a vécu une grande partie de son enfance aux Etats-Unis… On est déjà très heureux qu’il ait choisi la sélection française. C’est une situation particulière, mais je crois qu’il aime ce groupe et qu’il a envie de jouer avec les autres. Et nous, on a besoin de lui, clairement.

Les clubs ne sont-ils pas obligés de libérer leur joueur pour les compétitions internationales ?

Ce n’est pas comme au football, où la FIFA régit tous les clubs du monde. Au basket, la FIBA régit tous les clubs, sauf ceux de la NBA. Il y a bien des accords, mais ils sont, à mon sens, des semi-accords. De façon officielle, pour des raisons de communication, la NBA affirme qu’elle fait tout son possible pour libérer les joueurs, mais on sait que ce n’est pas toujours le cas en pratique et que certaines franchises font le forcing.

Estimez-vous que ce type de difficultés que vous rencontrez en dehors du terrain explique l’absence de titre majeur pour l’équipe de France qui, sur le papier, a fière allure ?

Sans aucun doute. Et la préparation est également primordiale. Quand on est allés en finale il y a deux ans (au championnat d’Europe, défaite contre l’Espagne 98-85, ndlr), on a eu une qualité de préparation qu’on n’avait pas eu auparavant. Si on veut passer ce cap, on aura besoin de tout le monde. D’où l’importance d’avoir Joakim, un des meilleurs pivots au monde. Et même si on a tout le monde, il ne faut pas croire que ça suffit pour gagner. Il nous faudrait une préparation optimale.

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