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Euro basket - France-Serbie : qui sont ces Bleues en finale ?

L’Euro, elle connaît. Elle a même goûté à tous ses métaux : or en 2009, argent en 2013, bronze en 2011. Retraitée des parquets, Emmeline Ndongue conserve un œil d’experte. Consultante sur Canal +, l’ancienne intérieur internationale dresse pour RMC Sport la revue d’effectif des Bleues avant la finale continentale de ce dimanche (19h) contre la Serbie.

Sandrine Gruda (28 ans ; Ekaterinbourg)

« Elle fait le plus bel Euro de sa carrière. Le souvenir touchant que j’ai avec elle, c’est l’Euro 2013, quand on perd la finale. On l’a vue triste pour elle-même, mais surtout pour celles qui arrêtaient. Et là, on sent qu’il y a de la revanche, de l’envie. Elle le fait pour elle, pour l’équipe de France et pour celles qui n’ont pas pu le faire il y a deux ans. En plus, elle surclasse tout le monde, donc c’est top. »

Endy Miyem (27 ans ; Bourges)

« Elle a un peu galéré avec son mollet l’an dernier, au Mondial, et là on a eu une petite frayeur mais elle est restée assez forte dans sa tête pour ne pas que cette mini-blessure l’accapare trop. Elle est plus qu’utile à cette équipe. Je l’aime particulièrement car on a joué des années ensemble. C’était un peu mon relais sur le terrain, on se trouvait systématiquement et je vois qu’elle a toujours ce rôle-là. Quand elle joue sur une défense en zone, par exemple, on sent qu’elle est un point fort, une sorte d’ancre pour l’attaque. J’aime voir ça et j’aime voir son sourire à la fin des matches. »

Isabelle Yacoubou (29 ans ; Familia Schio)

« C’est une boule d’énergie à elle seule. Parfois, c’est un peu trop, mais souvent ça entraîne tout le monde. Et c’est ce qu’il faut. C’est quelqu’un avec qui j’avais parfois peur de faire des high five (se taper dans la main, ndlr) quand on marquait des paniers un peu improbables parce qu’elle t’explose la main. (Rires) Mais c’est vraiment bon, car on sent qu’elle y met tout son cœur. »

Céline Dumerc (32 ans ; Bourges)

« C’est la vieille. (Rires.) Non, il faut couper ça, ce n’est pas vrai… Je l’appelle la naine, pas la vieille. (Rires.) Quand elles ont joué la Russie en quarts, ce qui m’a fait rire, c’est que ça avait été notre bête noire quand on avait commencé ensemble avec Caps en équipe de France. Et quand je me remémore ça, je me dis que c’est maintenant la seule à avoir vécu cela. Elle a donc emmagasiné un peu d’expérience. Elle vit cet Euro un peu différemment. Elle est plus mûre, plus expérimentée que les années précédentes. En demie, contre l’Espagne, elle a réussi à garder son calme. Elle prend une faute antisportive, qui d’après moi n’était pas justifiée, mais elle a parfois tendance à partir au quart de tour et là, elle a réussi à garder son calme. Je suis vraiment heureuse car je sais à quel point battre l’Espagne lui tenait à cœur. Ça fait du bien de la voir comme ça, de la voir se lâcher. C’est quelqu’un qui est très concentré, aux idées bien claires, qui parfois se met un peu la pression pour que tout se passe à la perfection. Et quand ça se passe comme ça et que je la vois sauter partout comme une folle, ça fait vraiment du bien. »

Paoline Salagnac (31 ans ; Bourges)

« Je suis triste de ne pas avoir joué avec elle en équipe de France. J’ai joué avec elle en club. Je lui balançais des balles devant et je la regardais de loin marquer des lay-ups. Elle est parfaitement dans son rôle. Elle rentre en deuxième ou troisième rotation et amène du peps à l’équipe. C’est une deuxième fraîcheur qui soulage tout le monde. Elle finit les contre-attaques toute seule et ça permet aux autres de se reposer en l’attendant tranquillement en défense. Pao, c’est quelqu’un de génial. Elle joue avec son cœur. On a l’impression qu’elle est inépuisable. Elle a un foncier vraiment impressionnant et surtout un cœur magnifique. Elle profite de chaque moment car elle sait à quel point rentrer dans cette équipe de France a été difficile. Elle est vraiment heureuse d’être là. »

Diandra Tchatchouang (24 ans ; Bourges)

« Je l’appelle l’élégante. (Rires.) Quand elle part dans ses lay-ups, c’est toujours très élégant, un peu en danseuse. Elle est adorable. Elle manque parfois un peu de finition aux tirs mais elle est tellement essentielle à cette équipe dans ses pénétrations et dans sa façon de provoquer. Cette fille est une crème et elle est devenue incontournable dans cette équipe. »

Gaëlle Skrela (32 ans ; Lattes Montpellier)

« Elle a un jeu très juste. Elle ne va pas prendre 50 tirs dans un match mais ceux qu’elle va prendre seront essentiels. C’est quelqu’un sur qui on peut se reposer. A la fin du match contre la Russie, elle met tranquillement un 2/2 aux lancers-francs. On peut lui donner la balle en fermant les yeux et en lui disant : ‘‘Tu peux y aller, on te fait confiance’’. C’est quelqu’un que j’ai connu très précocement en équipe de France de jeunes et très tardivement avec les Bleues sur les derniers Euros. Elle est géniale, tout simplement. »

Olivia Epoupa (21 ans ; Toulouse)

« C’est la petite perle de cet Euro. Quand je la voyais en club, je la trouvais pleine d’énergie, très agressive défensivement, une vraie teigne comme on les aime en équipe de France. Mais quand elle menait le jeun je trouvais qu’elle allait parfois un peu trop loin. Sur cet Euro, elle est vraiment très juste, dans son rôle. Elle seconde Céline Dumerc à merveille. Valérie a dû lui donner des consignes très strictes et elle les respecte à la lettre. Ce qu’elle apporte est essentiel. Elle permet de faire souffler Caps et c’est une teigne en défense sur les meneuses adverses. Elle est également essentielle sur les contre-attaques. Elle rentre dans la raquette et fait des pénétrations venues de nulle part. »

Helena Ciak (25 ans ; Bourges) et Ana Cata-Chitiga (26 ans ; Flammes Carolo – Charleville-Mézières)

« Helena a énormément progressé et ça fait du bien à l’équipe. C’est un peu une tour dans la raquette. Elle joue avec candeur, fraîcheur, et elle apporte ça aux Bleues. Avec Ana, ce sont les petites nouvelles à l’intérieur. Elles doivent encore progresser, s’affirmer et plus s’imposer physiquement mais elles tiennent déjà bien leur place. Elles secondent bien Isabelle Yacoubou et Sandrine Gruda. »

Sarah Michel (26 ans ; Nantes Rezé)

« Elle a été révélée au grand public pendant les matches de préparation. Mais les connaisseurs savaient tout ce qu’elle pouvait apporter. C’est quelqu’un de très volontaire, de très filou, qui vole pas mal de ballons. Elle ne se pose pas de questions. Elle y va, elle prend ce qu’il y a à prendre. Cette équipe est très complémentaire car aucune joueuse ne ressemble à une autre et elle est très bien dans son rôle. Elle va vite devant et apporte cette rotation qui permet aux autres de souffler. Elle apporte du jeu et du repos aux autres. »

Anaël Lardy (27 ans ; Lattes Montpellier)

« Elle est dans un rôle pas évident, parfois deuxième meneuse, parfois troisième. Mais c’est un vrai soldat. Peu importe le rôle dans lequel on la met, elle s’y tient. Elle sait la chance que c’est d’être en équipe de France et elle apporte une rotation supplémentaire à l’équipe. De l’expérience, aussi, car c’est bien de l’avoir sur le terrain lors des matches importants. Et puis c’est quelqu’un d’essentiel dans la vie de groupe. »

Valérie Garnier (50 ans ; coach ; Bourges)

« Elle est géniale, tout simplement. Elle se met de la pression, elle est toujours un peu stressée mais les filles ont l’habitude de la voir comme ça donc ça se gère assez bien. C’est surtout quelqu’un qui bosse énormément. Elle n’est pas arrivée là pour rien et je suis très contente et fière qu’elle emmène cette équipe jusqu’en finale, et espérons jusqu’à l’or. Ce n’était pas évident de prendre une équipe en reconstruction avant le dernier Mondial. Il y avait des blessures, des joueuses qui étaient en WNBA et qui étaient arrivées très tard lors de la préparation, mais elle a fait un vrai groupe de cette équipe en reconstruction. Elle est aussi dans ses plans car elle avait planifié cet Euro pour que les filles montent en puissance. Le staff a fait un boulot génial car c’est exactement ce qui s’est passé. Il y avait des choses perfectibles lors des matches de poule mais à la fin, les douze filles sont là, présentes. Quand on fait un plan et qu’il se déroule sans accroc, et on espère que ce sera le cas jusqu’au bout, c’est beau et il faut reconnaître l’énorme travail de Valérie et de son staff. »

R.M. et L.P.