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Euro : Cette fois, les Bleus vont savoir

Tony Parker

Tony Parker - -

Inconstante depuis le début de l’Euro, l’équipe de France fait face ce mercredi à un défi de taille : un quart de finale face au pays hôte, la Slovénie (21 h). Pour continuer leur route, les Bleus devront montrer leur meilleur visage.

La formule d’un Euro peut se révéler facétieuse. Prenez les Bleus. S’ils avaient remporté leurs trois matches du tour principal (deux défaites, Lituanie et Serbie), les joueurs de Vincent Collet auraient terminé premiers de leur groupe et hérité d’un quart de finale contre… l’Espagne, leur bête noire. Comme en 2009, où les Français n’avaient pu éviter l’élimination malgré un début de parcours parfait. Les défaites auraient-elles donc du bon ? Pas certain, en fait. Car si les Bleus avaient pu battre la Serbie dimanche (défaite 77-65), ils auraient retrouvé l’Italie. Mais leur revers les a basculés vers une gourmandise moins digeste : la Slovénie, pays hôte poussé par tout un peuple.

Collet espérait éviter l’Espagne ou… la Slovénie. Il n’aura pas la peste. Mais le choléra. Pour un match sous tension. Carrefour des illusions, le quart de finale reste un moment à part. « Quoi qu’on fasse avant, ce match remet en cause ce qu’on pense d’un Euro, confirme Collet. Dans un sens comme dans l’autre. » Enjeu ? Le dernier carré, bien sûr, et une qualification à assurer pour la Coupe du monde 2014 (les six premiers ou les sept si l’Espagne est dans les six). Avec une équation claire : quelle équipe de France pour faire face aux près de 13.000 spectateurs en fusion de la Stozice Arena de Ljubljana ? Celle qui semble parfois mener les débats à son rythme et avec sérénité ? Celle qui, à d’autres, s’éteint derrière son manque d’intensité, déjà sanctionné de trois défaites dans cet Euro ?

Parker : « La Slovénie est favorite, on n'a rien à perdre »

Trop inconstants, les Bleus feraient bien d’afficher leur meilleur visage contre la Slovénie, battue 70-65 en préparation. « On n’arrive pas à montrer le jeu qu’on veut. Mais on oublie tout, on a la tête au quart et à rien d’autre », rassure Nicolas Batum, dont le rôle sera essentiel, tout comme celui de Parker. « C’est une bonne chose que ce soit un défi compliqué, explique Collet. Être forcé de réagir est souhaitable pour ce groupe. » Et le sélectionneur des vice-champions d'Europe 2011 de marteler son credo : « Il faudra beaucoup d’agressivité. Si on n’en a pas, le reste n’a plus de raison d’être. J’ai espoir, on a cette capacité. » Batum appuie : « Il faudra être l’équipe qui attaque et qui tape en premier ». Pas loin d’être dans la peau de l’outsider face à une Slovénie à la maison, les Bleus s’accommodent de ce statut. L’esprit « vivons cachés pour vivre heureux » version tricolore.

« On a du mal à être réguliers, on a plus tendance à être bons en mode réaction, analyse le général en chef Tony Parker. C’est la Slovénie qui est favorite, à nous de créer la surprise. On n’a rien à perdre. » Antoine Diot va dans le même sens : « Avec nos deux premiers tours, on nous donnera peut-être pas favori. Et on n’est jamais meilleur qu’en étant outsider. » « Ce sont peut-être eux qui auront la pression, insiste Batum. Pas nous. Surtout sur un quart, où il n’y a plus rien derrière si tu perds. » Après des jours à répéter l’antienne « l’important, c’est le quart », les Bleus sont face à leur premier grand défi. Le passé dans le rétro et l’idée d’épouvantail en tête. « Je peux comprendre que les gens doutent, reconnait Batum. Mais même si nous n’avons pas montré grand-chose, certaines équipes ont peur de nous parce qu’on peut réagir à tout moment. Et si on réagit, on sera difficile à battre. On peut perdre contre tout le monde mais aussi battre tout le monde. » Cela tombe bien. En cas de succès, l’équipe de France pourrait retrouver… l’Espagne en demie. La peste après le choléra.

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La Slovénie, hôte ambitieux

Jeu rapide, tirs extérieurs, contrôle du rebond, public en fusion : la Slovénie, qui a notamment battu l’Espagne et la Grèce lors des deux premiers tours, présente un visage séduisant. Le tout sous la baguette du chef d’orchestre Goran Dragic, auteur d’une belle saison avec les Phoenix Suns. « La Slovénie, ça court, ça court, juge Nicolas Batum. Tu as tout le pays qui est derrière eux donc s’ils prennent feu… » Et le sélectionneur Vincent Collet d’insister : « Cette équipe m’impressionne par sa vitesse et son rebond. Elle a su afficher un visage très conquérant, on sent qu’elle est habitée par la passion d’un peuple et la volonté de ne pas faillir à la maison. » Tony Parker ne prend pas le défi à la légère : « Ils ont des joueurs très performants. Quand tu joues à domicile, tu joues avec plus de confiance. Ça va être un gros challenge face à une équipe surmotivée. Tu fais du sport pour des matches comme ça, c’est génial. » Et c’est encore mieux avec la victoire au bout.

Alexandre Herbinet avec Nicolas Jamain à Ljubljana