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Euro : Inconstance, quand tu nous tiens...

Boris Diaw

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Avec deux victoires en poche, l’équipe de France débute le tour principal ce mercredi et sera qualifiée pour les quarts en cas de victoire face à la Lituanie (21h). Mais gare à l’habituel yo-yo entre temps forts et temps faibles.
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Boris Diaw © -

De l’ombre à la lumière. Puis l’inverse. Et rebelote. Observer les Bleus depuis le coup d’envoi de l’Euro prend parfois des airs de montagnes russes du jeu. Souvent, en début de match, on les retrouve tête à l’envers. Manque de rythme, intensité défensive au fond des chaussettes. L’Allemagne leur a fait payer. L’Ukraine aurait pu sans un Tony Parker de gala. La Belgique a forcé le cocotier bleu à se secouer pour effacer 12 points de débours à la mi-temps. Bref, ça patauge. Jusqu’à l’habituel réveil. Car après, ça chante. Intensité défensive retrouvée, souvent portée par un Flo Piétrus si précieux dans ce secteur, rythme offensif qui se met au diapason. Tête à l’endroit, enfin. Et là, l’adversaire déguste. Vous avez dit inconstance ?

Vincent Collet confirme : « On est clairement sur courant alternatif ». Et s’interroge : « Est-ce que cette tendance à avoir des périodes fortes et d’autres faibles était due à l’adversité ou est-ce une vraie faiblesse de notre équipe ? Nous aurons des éléments de réponse cette semaine. Je pense que notre niveau de concentration et d’exigence va s’élever. » Car le tour principal, avec un premier match ce mercredi (21h) face à la Lituanie, avant de croiser la Lettonie puis la Serbie vendredi et dimanche, ne pardonnera pas une telle onde sinusoïdale. « Notre objectif est de gagner en consistance, insiste le sélectionneur. Il va falloir être bon sur la durée, pas seulement sur des séquences. Ce n’est pas parce qu’on l’a pas fait contre la Belgique qu’on ne va pas en être capable. Ce sera peut-être un problème de capacités mais pas d’engagement ou de concentration. »

Parker : « Des problèmes que les journalistes aiment bien chercher »

Boris Diaw voit l’origine de ce mal « historique » (dixit Collet) dans les bons résultats des dernières années. « Avant, on avait moins de marge sur les autres, on ne faisait pas partie du top européen, indique le capitaine. Donc cette peur relative, on l’avait un peu avec toutes les équipes. Avec quelques années d’expérience, on est moins impressionnables. Il faut y remédier. Il faut surtout réussir à s’adapter quand c’est un adversaire de taille. » Et Jacques Monclar, membre de la Dream Team RMC Sport, d’appuyer : « Notre équipe a cette capacité. Si on lui propose un niveau 3 ou 4, elle va être à 3,5, et pour un niveau 8 ou 9, entre 8 et 9. C’est une force, mais aussi une faiblesse. »

La voix discordante appartient au général Parker. « Ce sont des problèmes que les journalistes aiment bien chercher mais nous avons tous de la volonté et nous respectons nos adversaires, s’agace le meneur de jeu. Mais nous sommes la France et les autres équipes veulent faire un gros match contre nous. Pareil pour le meneur qui joue face à Tony Parker. A nous de nous préparer à cela. » Avec la meilleure attaque du premier tour (80,6 points par match), un « TP » au sommet et déjà deux victoires dans la besace pour ce tour principal, les Bleus s’avancent aussi avec des certitudes. « Je n’ai pas dit que cette inconstance ne m’inquiétait pas ou que ça ne va pas se reproduire, confie le sélectionneur. Mais j’ai d’autres questions à me poser. » La Lituanie, revancharde après des défaites face à la France à l’Euro 2011 puis aux JO 2012, et les 12.500 spectateurs de la Stozice Arena de Ljubljana vont pouvoir juger sur pièces.

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La Grèce comme poil à gratter pour les quarts ?

Euro 2009. Après avoir galéré en poules, l’Espagne prend la quatrième place de son groupe du tour principal, synonyme d’un quart contre… des Bleus qui avaient dominé le leur. Résultat ? Une défaite 86-66 et des Espagnols champions avec un bilan de 7-2 contre une France 5e malgré un beau 8-1. Et l’édition 2013 pourrait bien reproduire la chose avec l’un de nos autres meilleurs ennemis, la Grèce. Avec deux défaites face à l’Italie et la Finlande, les Hellènes entament le tour principal en dernière place du groupe F et avec des matches à jouer contre l’Espagne, la Slovénie et la Croatie. Une qualification pour les quarts loin d’être acquise, donc. Mais si la Grèce y parvient, elle devrait récolter le quatrième strapontin de son groupe. Et si la France continue d’engranger des victoires, la Lituanie (match pour lequel Nicolas Batum fera son retour), la Lettonie et la Serbie étant des équipes qu’elle a battues à plusieurs reprises ces dernières années, les Bleus pourraient retrouver les Grecs pour leur premier match couperet ! « La première place est la meilleure à obtenir dans l’optique des quarts », juge un Vincent Collet qui refuse d’entrer dans le jeu des petits calculs. Pour mémoire, seules deux équipes ont battu la France en préparation : l’Espagne à deux reprises et… la Grèce.

Alexandre Herbinet avec Nicolas Jamain et à Ljubljana