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Euro : Yacoubou, haute en couleur

Isabelle Yacoubou et Céline Dumerc

Isabelle Yacoubou et Céline Dumerc - -

Meilleure marqueuse française depuis le début de l’Euro, Isabelle Yacoubou est aussi devenue la « chouchoute » du public tricolore. Grace à sa joie de vivre, son look et sa grinta, la pivot des « Braqueuses » a séduit tout le monde. Rencontre.

« Allez, on va manger maintenant ! J’ai souvent faim, il faut nourrir tout ce grand corps ! » Sur le terrain comme en dehors, difficile de saisir et de résister à la tornade Isabelle Yacoubou (1,90m). Difficile également de la définir en quelques mots. La principale intéressée, elle-même, bute un peu. « C’est bien plus compliqué que ça. Je suis folle », lance-t-elle dans un large sourire, si caractéristique de la pivot des Bleues. Car ce qui frappe en premier lorsqu’on rencontre la future joueuse du Fenerbahçe Istanbul, c’est sa joie de vivre. « Elle est très gentille, c’est une crème. Elle a la joie de vivre, elle est toujours en train de danser, de chanter, abonde sa coéquipière Endy Miyem. Elle vit les choses à fond. C’est un plaisir de vivre à côté d’elle. »

Même sur le parquet, lorsque la bataille fait rage sous la raquette, la meilleure marqueuse des Bleues depuis le début de l’Euro (11,8 points de moyenne par match) trouve toujours le temps de s’enthousiasmer sur une action ou d’haranguer la foule. « Chacun a un truc pour avoir son petit plus. Moi, c’est le public qui m’aide à me surpasser, avoue-t-elle. J’aime bien savoir que je donne du bonheur aux gens. Une coqueluche ? J’adore ce mot. C’est sympa. » Une attitude positive qui ne déplaît pas à Pierre Vincent, son sélectionneur, même s’il lui conseille de ne pas trop céder à l’euphorie. « Elle a besoin de beaucoup d’attention, c’est pour ça qu’elle véhicule beaucoup d’énergie et que le public s’identifie, déclare le coach français. Parfois ça la fait un peu surjouer, mais pas de façon dramatique. Elle le sait, j’en ai parlé avec elle. »

Du lancer de poids à une médaille olympique

Si « Shaqoubou », son surnom, « super douce » en dehors des terrains selon Miyem, ne laisse pas indifférente, c’est aussi parce que son chemin n’a pas été balisé comme la grande majorité des joueuses internationales. Jusqu’à ses 17 ans, celle qui va découvrir en Turquie son quatrième championnat étranger différent était encore au Bénin. Et le basket était loin d’être sa préoccupation principale. « J’ai fait du lancer de poids, un peu de triple saut, raconte-t-elle. C’est par le lancer de poids que j’ai connu mes "moments de gloire". J’ai fait les championnats du monde moins de 20 ans et moins de 21 ans. »

Heureuse comme une gamine de disputer un Euro à domicile, l’ancienne Tarbaise incarne, avec Céline Dumerc, le visage des « Braqueuses », médaillées d’argent à Londres et qui sont entrées dans le cœur des Français. Entre une demande en mariage de son fiancé pendant les JO, par le biais d’une pancarte, des chansons de Céline Dion chantées à tue-tête et un look reconnaissable entre mille (tresses bleu-blanc-rouge), Yacoubou a marqué tous les esprits. Et en arborant, durant cet Euro, des ongles de pied verts et des tresses bleues, la native de Godomey n’est pas prête de rentrer dans le rang. Et tant pis si ça jure un peu.

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Alexandre Alain avec Rodolphe Massé