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Le meilleur de l’année 2015: Tony Parker l’éternel

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En septembre dernier, Tony Parker revenait pour RMC Sport sur son Euro avec la France, achevé à la troisième place après une élimination en demi-finale face à l’Espagne. Grands favoris de la compétition, les Bleus avaient souffert de la contre-performance de leur meneur, qui a parfaitement rebondi depuis. Retour sur cet entretien, avec notre spécialiste basket Jacques Monclar.

L’Euro : un échec… pas si décevant

« On ne peut pas être déçus. Quand tu regardes l’histoire du basket français, on n’a pas beaucoup de médailles. Aller chercher le bronze, c’est génial ». La France n’a pas gagné « son » Euro, mais Tony Parker a tenu à relativiser, conscient de la valeur d’une troisième place dans un championnat continental, pour son sport qui n’en compte qu’une poignée. Tant pis pour le statut de favori assumé et la défaite face au meilleur ennemi espagnol, pour Parker, le bronze européen est une nouvelle récompense qui s’inscrit dans la continuité pour une génération qui n’a en rien à rougir de son parcours.

Le point de vue se défend. Autant profiter du verre à moitié plein. Mais pour Jacques Monclar, la pilule a tout de même du mal à passer : « On aurait dû être champions d’Europe tranquille. Il me semble qu’on était un poil au-dessus de tout le monde dans la valeur absolue. Mais on n’a jamais été bons ensemble. Dans notre moteur, il a manqué des éléments habituels depuis longtemps. On a laissé passer un truc. Parler de gâchis est sans doute un peu sévère, mais on passe quand même à côté du doublé, de gagner chez nous, alors qu’on l’avait dans les jambes. »

Pas le "vrai" TP

Mauvais en demie contre l’Espagne, et loin de son niveau d’un bout à l’autre de la compétition, Tony Parker a fait défait aux Bleus durant l’Euro. Mais TP s’est tout de suite défendu d’un problème de préparation ou de fraîcheur. « Je n’ai jamais eu vraiment de rythme. Je n’ai pas trop joué au premier tour. Je n’ai jamais vraiment eu besoin de tirer sur la machine ou vraiment jouer les actions. En huitièmes, on gagne facilement aussi. J’ai vraiment joué à partir des quarts de finale. J’ai l’impression d’avoir été sur un faux-rythme toute la compétition. J’aurais presque préféré être dans le groupe de la mort car j’aurais au moins joué 35 minutes par match, comme Pau Gasol. Je n’étais pas fatigué. On a trop réfléchi par rapport à ma condition physique et à mon âge, c’est le seul regret que j’ai. »

Son Euro manqué semble d’ailleurs loin derrière lui, qui se balade avec les Spurs (25 victoires, 5 défaites cette saison). Son rôle a certes évolué, mais le déclin n’est pas pour tout de suite, malgré ses 33 ans. « On peut parler du rendement de Tony sur toute la compétition, mais je pense que c’est lui qui en a les explications, réagit Jacques Monclar. Là il galope comme un lapin depuis un mois et demi. Mais ce qui est sûr, c’est que sur la demie, le problème, sans vouloir dépénaliser Tony, c’est avant tout qu’on a été incapables de stopper Gasol. »

Et après ?

« Pour moi, ma dernière compétition sera les JO. Après, tu ne peux pas fermer de porte. En tout cas, j’ai abordé cet Euro comme si c’était mon dernier. J’ai toujours dit que je voulais arrêter après Rio. Après, on verra. Dans une carrière, tu prends des décisions, mais tu peux changer d’avis. Quoi qu’il arrive, je viendrai au TQO (tournoi de qualification olympique, du 5 au 11 juillet 2016). » Tony Parker se voit quitter les Bleus après les Jeux, sauf que la France n’est pas encore qualifiée pour Rio. Elle devra d’abord remporter l’un des trois tickets du toujours très aléatoire TQO.

Tony Parker sera présent, mais on ne peut être sûr de qui il aura à ses côtés. Il y a donc une possibilité que la carrière internationale s’arrête sur une note obscure. « Le bilan de cet Euro, c’est formidable en termes de réussite populaire, de bien-être, de succès, analyse Monclar. Mais le bilan, c’est aussi que pour l’instant, on ne va pas à Rio, et ça pique un peu. Maintenant il y aura le tournoi de qualification, avec des très bonnes équipes européennes. Il va y avoir trois poules de six, et on ne sait pas encore s’il y aura des têtes de série. Donc attention… »