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Parker : « Un goût d’inachevé »

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Tony Parker n’a pas oublié la dernière campagne européenne des Bleus en 2007 (8e) avant de débuter l’Euro, lundi, en Pologne, face à l’Allemagne.

Tony, dans quel état d’esprit abordez-vous cet Euro ?
Ca fait depuis le 14 juillet que nous sommes en équipe de France. Cette qualification pour l’Euro a donc été un gros soulagement. Maintenant, nous commençons une nouvelle compétition. Je crois que tout le monde est prêt pour faire quelque chose en Pologne. En 2007, on était resté sur un goût d’inachevé (8e). Une nouvelle opportunité nous est présentée. Il faut la saisir.

Vous avez déclaré à plusieurs reprises que votre fenêtre en équipe de France se refermait au fil du temps. Ce constat vous met-il un peu plus de pression sur cette campagne européenne ?
Il faut profiter de cette opportunité. Pour certains joueurs, il n’en reste plus beaucoup. On vieillit, le temps passe et avant que tout s’arrête, on a envie de gagner quelque chose. Après, il faut rester réalistes. Il y a de grosses équipes aux championnats d’Europe. Un succès international se joue sur quelques détails. C’est comme à San Antonio. Quand on a gagné des titres, ça ne s’est joué à rien. J’ai juste envie que la roue tourne.

L’Allemagne, la Lettonie et la Russie. Que pensez-vous de votre groupe ?
C’est un groupe piège. Il manque Nowitzki pour l’Allemagne, Kirilenko pour la Russie mais ça ne veut rien dire. Il ne faut surtout pas les sous-estimer. Ce sont des équipes qui sont très performantes puisqu’elles ont de nombreux joueurs qui évoluent en Euroleague. On a bien conscience que si on ne joue pas à notre meilleur niveau, on peut perdre contre n’importe qui. On l’a vu contre la Finlande et la Belgique.

Peut-on être un meneur-scoreur en Europe ?
Je dois trouver un juste milieu. Nous en avons parlé avec Vincent (Collet) et il ne veut pas que je change mon jeu. Et puis de toute façon, je ne changerai pas mon jeu. Par contre, je peux changer le scénario en me montrant plus patient en début de match afin de mettre en confiance mes coéquipiers. En tant que leader et meneur de jeu de l’équipe, c’est mon job. Un joueur comme Nicolas Batum a besoin d’être en confiance. C’est la même chose pour Boris (Diaw). En démarrant bien les matchs, tout deviendra plus facile. J’ai énormément appris par rapport au premier match contre la Belgique (Tony avait marqué 16 points dans le 1er quart-temps). Après, je ne dois pas oublier de jouer. En tout cas, ce qui est bien dans le basket, c’est qu’on a toujours quelque chose à apprendre. On peut toujours progresser.

Vous n’êtes pas frustré ?
Absolument pas. Je n’ai plus rien à prouver. Ce qui me manque aujourd’hui, c’est une victoire avec l’équipe de France. Si jouer de cette manière peut permettre de gagner avec les Bleus, ça ne me pose aucun problème. Ca ne sert à rien de marquer 40 points si c’est pour perdre à la fin. Je l’ai bien compris. (Rires)

Vous allez disputer votre cinquième Euro avec les Bleus (le premier en 2001). Comment jugez-vous cette équipe ?
On était plus forts en 2003. On avait une plus grosse équipe. Mais nous étions un peu plus fous. Si Joackim Noah avait été là, on aurait une très grosse équipe. Joackim nous manque quand même…

Physiquement, comment vous sentez-vous ?
Vincent (Collet) m’a mis au repos lors des deux derniers jours. Il sait qu’on ne s’entraîne pas beaucoup à San Antonio (Rires). Non, ça va très bien. J’ai toujours un hématome qui me fait un peu mal à la cheville mais si je n’étais pas à l’entraînement, c’était juste par mesure de prévention.

La rédaction - Jérôme Sillon