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Turiaf : « J’avais besoin de couper avec le basket »

Ronny Turiaf

Ronny Turiaf - -

Invité de Basket Time sur RMC, Ronny Turiaf explique son choix de s’engager avec les Minnesota Timberwolves, son septième club en NBA. Le pivot martiniquais revient également sur sa décision de faire l’impasse sur l’Euro cet été avec l’équipe de France.

Ronny, pourquoi avez-vous choisi de rejoindre Minnesota ?

Ça s’est fait en l’espace de 48 ou 72 heures. On était en discussions très avancées avec quelques clubs pour prolonger ma carrière en NBA. Après, Phillip Saunders (ancien coach de Turiaf à Washington et désormais à Minnesota, ndlr) m’a appelé pour m’expliquer qu’il avait un goût amer, parce que cela ne s’était pas aussi bien passé que ça à Washington, qu’il avait envie de me voir jouer beaucoup plus. Je n’avais joué que sept matchs là-bas après m’être cassé la main pour la deuxième fois. La première chose qu’il m’a dit c’est : « Ronny, c’est un peu à cause de toi que je me suis fait couper. Je te donne une deuxième chance de m’aider. » J’ai dit qu’il n’y avait pas de problème.

Vous considérez-vous comme un « vieux routard » de la NBA ?

Je ne me considère pas comme quelqu’un d’autre que Ronny. J’ai la chance d’avoir évolué dans plusieurs équipes NBA, d’avoir vu plusieurs façons de faire les choses, d’avoir côtoyé cinq ou six des meilleurs joueurs de tous les temps en NBA. J’ai la chance d’avoir partagé avec eux des moments inoubliables dans l’histoire de la NBA. Minnesota va encore plus m’apporter, c’est vraiment un challenge très important. Je suis très excité à l’idée d’aller là-bas car il y a une carte à jouer, quelque chose à faire.

Pourquoi avez-vous fait l’impasse sur l’Euro avec l’équipe de France ?

Réexpliquer, ce serait rentrer dans trop de détails, mais dans la vie il y a des choses qui arrivent. Je suis arrivé à une période de ma vie où je suis à l’aise dans mes baskets, je sais où je veux aller et je sais quoi faire. Professionnellement, il y a des choses qui sont arrivées et qui ont fait que ma venue en équipe de France ne pouvait se réaliser sereinement. Ce serait desservir l’équipe de France, Vincent Collet et mes coéquipiers de venir si je ne suis pas serein. Ça ne sert à rien pour moi. C’est un choix qui a été très, très dur à faire, mais qui devait être fait. Ça donne l’opportunité à des joueurs que j’aime de revêtir le maillot de l’équipe de France. Ils en ont beaucoup plus besoin que moi. Je suis ce qu’ils font, je leur parle de temps en temps et je vais essayer de passer les voir.

Ressentez-vous un mal-être en équipe de France ?

Non, ça n’a rien à voir. J’avais besoin de couper avec le basket, de ce train-train quotidien. J’avais besoin de me retrouver avec moi-même, de faire un break et de réévaluer tous les aspects de ma vie. Le basket ne me définit pas en tant qu’homme. J’avais besoin de ce bol d’air frais. C’est un choix personnel pas facile à prendre, car on laisse les copains partir à la bataille sans le soldat de devant. Mais si le soldat de devant n’a pas de fusil, il ne peut rien faire. Ma décision n’a rien à voir avec le basket.

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