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OL-ASVEL, les raisons d’une alliance (presque) inéluctable

Tony Parker

Tony Parker - AFP

L’Olympique Lyonnais et le club de Jeep Elite de l’ASVEL dirigé par Tony Parker pourraient bientôt trouver un accord en vue d’une collaboration, notamment autour de la construction d’une grande salle pour le club de basket rhodanien. En coulisse, le président lyonnais Jean-Michel Aulas, oeuvre en tout cas pour qu'une Arena soit construite prochainement et puisse accueillir l'équipe de Villeurbanne.

"Ils s’aiment de plus en plus." Entre l’Olympique Lyonnais et le club de basket de l’ASVEL, le rapprochement est perceptible. S'il sera peut-être bientôt une réalité, il semble apparaître comme une nécessité en vue d’un intérêt commun, la construction d’une grande salle, indispensable au club de Tony Parker en vue de sa participation à l’Euroleague la saison prochaine.

Les échanges Parker-Aulas s'intensifient

La réalité, donc, c’est la présence du président de l’OL mardi dernier pour le match d’Eurocoupe face à Andorre (79-75) puis, deux jours plus tard, pour celui des filles. "C’est bien plus que de la communication", nous confie une source proche du dossier. Selon nos informations, Jean-Michel Aulas et Tony Parker ont beaucoup échangé vendredi. Des entretiens importants voire capitaux pour l’avenir entre les deux clubs.

Les enjeux sont multiples. Le budget de l’ASVEL va passer de 9 à plus de 10 millions d’euros grâce à l’OL (ou Jean-Michel Aulas via sa holding), qui pourrait prendre des parts dans le capital du club. Rien ne filtre sur ce possible accord mais un changement de nom, l’OL Basket par exemple, est exclu. L’ASVEL restera l’ASVEL.

Le projet d'une Arena à côté de l'Astroballe a du plomb dans l'aile

Le principal objet de ce possible rapprochement est donc la construction de cette Arena que l'ASVEL doit garantir à l’Euroleague (le club doit fournir des garanties d'ici deux ans). Or Jean-Michel Aulas projette depuis longtemps de construire sa propre grande salle multifonctions autour du Groupama Stadium. Populos, le cabinet qui a piloté la construction du Groupama Stadium, l'avait même intégré au projet initial. Cela peut-il faire les affaires de Tony Parker? C'est très envisageable car le projet de construction d’une Arena de 12.000 places à proximité de l’Astroballe, l’écrin de l’ASVEL situé à Villeurbanne, a du plomb dans l’aile en raison de grosses difficultés financières.

Pour Aulas, l'Arena estampillée OL est une obsession

Opportuniste, Jean-Michel Aulas pourrait en profiter. Cette grande salle, il en rêve depuis dix ans. C'est même devenu une véritable obsession. A bientôt 70 ans et alors que son club brigue une place en quart de finale de Ligue des champions mercredi face au Barça (en direct sur RMC Sport1), JMA a gardé intacte son âme d'entrepreneur. Il a récemment mandaté un cabinet américain en vue d’une possible construction. Coût de l'opération, entre 70 et 100 millions d'euros. Ce projet lui permettrait d’accroître son influence à Lyon, de pérenniser encore plus son club, ses infrastructures et OL City.

Le timing est parfait pour Jean-Michel Aulas mais aussi pour Tony Parker qui, en dépit de son attachement à Villeurbanne, pense aussi au business et au retour de son club en Euroleague. Sous fond de luttes politiques à Lyon et à Villeurbanne où on ne veut pas voir l’ASVEL quitter la ville, la bataille pour trouver un terrain s’annonce féroce. JMA veut profiter des difficultés financières des projets de Villeurbanne pour faire bouger les lignes. Il veut aller vite, que le dossier avance alors que les élections se profilent. Par ailleurs, le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de la métropole lyonnaise sera relancé dans les études le 13 mai. En changeant l’avenir juridique de certains terrains autour du Groupama Stadium, certaines parcelles pourraient être le lieu d’implantation pour la future Arena. Le temps presse.

Vers une alternative gagnant-gagnant?

Reste une hypothèse: l'Astroballe reste "en vie" pour les matches de Jeep Elite et les "gros matches" sont disputés dans cette salle "estampillée" OL. Du coup, c'est gagnant-gagnant: la ville de Villeurbanne conserve l’histoire et une partie du club. L’ASVEL a une salle "Euroleague" pour ses gros matches mais elle n’en serait pas le club résident. Mais nous n’en sommes pas encore là.

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Aurélien Brossier avec Edward Jay