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Jaiteh : « La NBA ? Je ne suis pas pressé »

Mouhammadou Jaiteh, à droite

Mouhammadou Jaiteh, à droite - -

EXCLU RMC SPORT. A seulement 18 ans, Mouhammadou Jaiteh (2,08m) est l’un des grands espoirs du basket français. Le pivot de Boulogne (Pro B), aux statistiques incroyables (16,4 pts, 9,8 rbds), était dans le TP Show ce lundi sur RMC.

Mouhammadou, quel regard portez-vous sur votre saison ?

J’ai un regard vraiment positif sur ma saison. Quand je suis arrivé (l’été dernier, ndlr), je ne pensais pas pouvoir faire ce que je fais maintenant. Plus la saison avance, plus j’apprends des choses et plus je progresse. Tout se passe vraiment bien.

Les recruteurs NBA se déplacent pour venir vous voir jouer. Ils étaient 21 le 1er mars, lorsque vous avez claqué 31 points et 17 rebonds. Comment le vivez-vous ?

Au début, ce n’était pas évident. Je n’étais vraiment pas habitué à ça. Ça pouvait même me distraire quelques fois à force de trop y penser. Finalement, je me suis dit que si les scouts se déplaçaient, c’est qu’ils aimaient ma façon de jouer. Donc, autant continuer à jouer comme je sais le faire, sans me prendre la tête. S’ils aiment tant mieux, sinon il y aura bien d’autres occasions qui se présenteront à moi. Je dois juste jouer mon jeu, le reste, ce n’est que du bonus. Je crée une vraie bulle autour de moi pour rester dans mon match.

Vous avez débuté le basket très tard. Quand on a 13 ans et qu’on arrive dans un nouveau sport, de quoi rêve-t-on ?

Je rêvais de pouvoir jouer au même niveau que ceux que je regardais. Quand j’ai commencé le basket, je ne connaissais même pas les règles par cœur. Je suis arrivé au pôle Île-de-France, où il y avait les meilleurs potentiels de la région. Moi, j’étais encore en pleine découverte de ce milieu. Je n’avais qu’un seul objectif : pouvoir être à leur niveau. Je voulais qu’on arrête de se moquer de moi. Au fil des années, mes ambitions ont augmenté.

Pourquoi avoir choisi Boulogne et la Pro B, alors que vous pouviez aller dans une université aux Etats-Unis ?

Je n’étais pas vraiment convaincu par les Etats-Unis. J’y suis allé et j’ai visité de bonnes universités. J’étais content, mais j’avais un petit doute. Si j’allais aux Etats-Unis, il fallait que j’en sois convaincu à 100%. Et ce n’était pas le cas. Je n’étais pas totalement sûr d’être éligible à la fin de l’année pour les Etats-Unis. J’ai préféré ne pas prendre de risques. Finalement, c’était la Pro A ou la Pro B. J’ai privilégié le temps de jeu par rapport à l’image de la Pro A.

Vous allez participer au Hoop Summit, qui oppose les meilleurs joueurs du monde aux meilleurs Américains de moins de 18 ans. C’est une belle occasion pour vous montrer…

C’est un match vraiment spécial, dont tout le monde rêve. C’est une superbe expérience. Ça approche et je vais devoir bien m’y préparer pour bien représenter la France à ce niveau-là. Individuellement, ça va me permettre de pouvoir me montrer un peu plus.

Les spécialistes vous mettent dans les favoris pour la draft 2014. Quel est votre plan de carrière ?

Pour l’instant, je me dis juste que mon but est d’aller en NBA. Mais seulement quand j’aurais l’opportunité d’y aller dans de bonnes conditions. Ça peut être cette année, comme l’année prochaine. Tout dépend des conditions et de ce qu’on me propose. Le Hoop Summit va déjà me permettre de déterminer si j’attends un an ou si j’ai l’opportunité d’y aller directement. Si ce n’est pas possible, je pense que je privilégierai une année en Pro A pour continuer à bien progresser.

Quelles sont vos bonnes conditions pour y aller ?

Moi, je veux arriver avec un certain rôle dans l’équipe. Je n’ai pas envie de venir pour rester sur le banc. C’est un peu du poker. Ça serait quand même du gâchis par rapport à l’âge que j’ai. Je ne suis pas pressé.

Quel est votre modèle ?

Je regarde beaucoup LaMarcus Aldridge et Tim Duncan. J’aime beaucoup la façon de jouer de Tim. Dans son jeu, c’est vraiment mon modèle.