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Parker : « Ce n'est pas une fin de cycle »

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De passage en France, Tony Parker est revenu sur la saison de San Antonio. Le meneur de jeu des Spurs évoque également son actualité, l’équipe de France de basket et de football.

Tony, trois semaines après votre élimination face aux Lakers en finale de la Conférence Ouest, quel regard portez-vous cette saison 2008 ?
Quand tu joues pour une équipe comme les San Antonio Spurs, il y a beaucoup de pression. Le seul objectif est de remporter le titre. On avait vraiment envie cette année de réaliser le back to back (deux titres consécutifs). Malgré notre élimination, je trouve qu’on a réalisé une bonne saison. Notre équipe est vieillissante, certains joueurs n’étaient pas à 100%. Je pense par exemple à Manu Ginobili, qui a joué la finale avec une cheville dans un mauvais état. Pour ne rien arranger, nous avons eu des play-offs extrêmement difficiles. Nous commençons contre Phoenix. Mentalement et physiquement, ça nous a pompé beaucoup d’énergie. On a gagné la série en cinq matchs mais on a eu l’impression d’en avoir joué sept. Il a fallu ensuite enchaîner avec New Orleans, une équipe qui nous a poussé dans nos derniers retranchements (4-3). Ils sont jeunes, athlétiques et pour les années à venir, c’est l’équipe à surveiller. Nous sommes donc arrivés un peu fatigués face aux Lakers. On n’a pas eu les ressources nécessaires pour pouvoir les battre. C’est dans l’ensemble une bonne saison mais tu es obligatoirement déçu de t’arrêter aux portes des finales NBA.

Peut-on parler de fin de cycle pour San Antonio ?
Je ne parlerais pas de fin de cycle. A mon avis, notre équipe ne devrait pas beaucoup changer cet été. On aura à 80% les mêmes joueurs. Nous avons seulement besoin de quelques joueurs de rotation. Ce sont eux qui peuvent nous permettre de gravir la dernière marche. De toute façon, ce n’est pas dans la politique des Spurs de tout changer. Gregg Popovich aime bien la stabilité. Ca a d’ailleurs toujours payé. Quand on est éliminé en 2004 et 2006, on remporte le titre l’année suivante. Ne vous attendez donc pas à des folies dans les mois à venir. Il y a deux ou trois joueurs qui arriveront, c’est tout.

Quel secteur devez-vous renforcer ?
Il faut trouver un ailier athlétique, un meneur de jeu et un intérieur. Concernant ce dernier poste, il faut voir ce qu’Ian Mahinmi peut nous apporter. La porte s’est ouverte encore un peu plus pour lui puisque Splitter, qui a été drafté en 2007, a décidé de rester en Europe. Les Spurs ont été déçus par sa décision, ils attendaient beaucoup de lui pour la saison prochaine. Ian pourrait donc en profiter.

Boston mène 3-2 en finale face aux Lakers. Comment voyez-vous la suite de cette finale ?
Quand tu as un joueur du calibre de Kobe Bryant sur le parquet, une série n’est jamais terminée. Kobe est le meilleur joueur de notre championnat. Pour moi, cette finale se jouera en sept matchs. J’ai l’occasion de parler à Ronny (Turiaf, joueur des Lakers) régulièrement. Je lui ai dit de garder la tête haute, de donner le maximum. Quand tu joues une finale, tu n’as pas le droit de lâcher l’affaire. Il faut jouer le coup jusqu’au bout, on ne sait pas ce qui peut se passer.

Ca fait du bien d’être en vacances ?
C’est parfait, ce sont des vacances pépères. Je me repose, je passe du temps avec ma femme, ma famille, mes amis. C’est très appréciable. Moi qui n’ai jamais de vacances, j’essaie d’en profiter le plus possible. C’est vraiment cool.

Quel va être votre programme pour cet été ?
Comme j’ai du temps pour moi, je travaille sur différents projets. Il y a par exemple un documentaire qui sortira au mois d’octobre. C’est un 52 minutes qui retrace le début de ma carrière. On travaille dessus depuis un bout de temps. Vous y verrez des images inédites ainsi que des interviews de Kobe Bryant, Magic Johnson, Zidane… Vous verrez, il y aura du très beau monde. J’ai également prévu de travailler mon shoot cet été. Comme j’ai du temps devant moi, je vais en profiter pour bien bosser.

Concernant l’équipe de France, on ne vous verra pas aux qualifications de l’Euro 2009.
Non, je ne jouerai pas. Ma décision est prise depuis longtemps, je ne reviendrai pas dessus. Michel Gomez le sait.

Et vous serez présent à Zurich, ce soir, pour soutenir l’équipe de France de football face à l’Italie.
J’ai envie de montrer à Eva à quoi ressemble un match de football en Europe. L’ambiance va être géniale, le match s’annonce super chaud. J’en ai parlé avec "Titi" (Thierry Henry). Comme on dit aux Etats-Unis, désormais, c’est « do or die » (à la vie, à la mort). C’est un gros match qui attend la France, il est donc normal que je fasse le déplacement pour les supporter. Pour l’instant, les Bleus n’ont pas été performants. Ils ont eu un match difficile face à la Roumanie et après, ils ont joué contre des Hollandais en feu. L’équipe de France doit réagir, l’Italie tombe au bon moment. Ca va être un gros match. Mon pronostic : 2-1 pour la France. En tant que supporteur de l’équipe de France, je suis persuadé que l’équipe de France va se qualifier pour les quarts de finale. 

La rédaction