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Armstrong, passage par la case prison ?

Lance Armstrong

Lance Armstrong - -

Après les révélations du New York Times laissant entendre que Lance Armstrong pourrait avouer s’être dopé, l’hypothèse d’un séjour en prison n’est plus à exclure. Explications.

Et si Lance Armstrong passait quelques temps derrière les barreaux ? La question n’est pour le moment qu’une hypothèse, mais si le Texan avouait s’être dopé, la menace d’un séjour carcéral d’un maximum de cinq ans se préciserait un peu plus. En cause : un accord conclu avec SCA Promotions. La compagnie d’assurance s’était entendue avec le coureur pour payer un bonus colossal si Armstrong remportait le Tour de France plusieurs fois d’affilée. Mais au moment de la sortie du livre de Pierre Ballester, LA Confidential (2004), et alors que Tyler Hamilton livrait ses premières révélations, SCA Promotions avait trainé des pieds pour payer les 5M$ dus au coureur.

Il faudra finalement que ce dernier prête serment et jure ne jamais avoir collaboré avec le Dr Ferrari pour que la société se résolve à verser 7,5M$, dont 2,5M$ de dommages et intérêts. « Il a déjà été auditionné, questionné sous serment par des agents fédéraux de manière très officielle, décrypte Pierre Ballester. S’il émettait des propos contradictoires par rapport à ce qu’il a toujours dit, la notion de parjure intervient. Et aux Etats-Unis, on ne rigole pas avec ça. Parjure égal prison. » Auquel cas, Armstrong pourrait être condamné, non pas pour s’être dopé, mais pour avoir menti à la justice.

Le précédent Marion Jones

Une expérience vécue par la sprinteuse Marion Jones, au moment de l’affaire Balco. L’ex-championne olympique avait été condamnée à six mois de prison en 2008 pour avoir nié devant le Grand Jury Fédéral de San Francisco avoir utilisé de l’EPO. Elle avait purgé sa peine dans une cellule du Texas, l’état où réside… Lance Armstrong. Pour Maître Pierre Hourcade, avocat au barreau de Paris et de New York, si Lance Armstrong passait aux aveux, il ne le ferait pas sans avoir d’abord trouvé un accord avec le procureur.

« Il y a un cas sur lequel il ne peut pas négocier, c’est celui sur le procès avec SCA, explique-t-il. Il veut donc d’abord faire un deal avec le ministère de la Justice sur le dossier de la compagnie d’assurances. » En dévoilant son rapport en octobre dernier, l’USADA a réussi là où Jeff Novitzky avait échoué. L’agent de la Food and Drug Administration (une agence dépendant du ministère de la Santé américain) avait tentait de rassembler les preuves pour pousser l’ancienne icône dans un tribunal et l’obliger à se parjurer. Sans succès, à ce moment-là. Et si ce n’était seulement que partie remise ?

Pierrick Taisne