RMC Sport

Armstrong va le payer (très) cher

Lance Armstrong

Lance Armstrong - -

Après avoir avoué s’être dopé dans l’entretien qu’il a accordé à Oprah Winfrey, Lance Armstrong a toutes les chances d’être rattrapé par un certain nombre de procédures. L’addition s’annonce salée. Inventaire des dossiers les plus sensibles.

Du haut de sa fortune estimée à 96 millions de dollars (environ 71 millions d’euros), Lance Armstrong vivait jusqu’à présent dans une forteresse apparemment blindée et adaptée à toute agression extérieure. Mais ses aveux devraient accélérer les procédures en cours ou réactiver un certain nombre de dossiers.

Landis ne lâche rien

Depuis 2010, Floyd Landis, a déposé une plainte au civil pour fraude à l’argent public dans le cadre des 30 millions de dollars (environ 22,5 M$) injectés de 1998 à 2004 par l’US Postal (la Banque postale américaine) dans son équipe cycliste éponyme, et détournés en partie par Lance Armstrong pour financer son système de dopage. Le recours de l’ancien coéquipier du Texan s’appuie sur la « loi Lincoln » ou « False Claims Act », qui permet à un citoyen de poursuivre une personne qui a trompé le gouvernement fédéral en faisant de fausses déclarations sur l’utilisation de deniers publics. Si Landis obtient gain de cause, ce dernier pourrait obtenir 15 à 30% de la somme récupérée par le gouvernement américain. Armstrong, lui, pourrait avoir à débourser tout ou partie des 30M$.

SCA réclame son dû

En novembre 2005, Lance Armstrong avait affirmé sous serment à Dallas ne jamais avoir eu recours au dopage dans le cadre d’une procédure d’arbitrage avec la société SCA Promotions, une compagnie d’assurances qui a dû lui verser des bonus colossaux après ses 7 succès sur le Tour (5 M$ + 2,5M$ de dommages et intérêts soit environ 5,7M€). Aujourd’hui, SCA réclame l’intégralité de la somme versée.

Les sponsors à l’affût

Si les sponsors historiques d’Armstrong (notamment Nike, Trek, Oakley, Anheuser-Busch et Giro) se sont empressés de rompre leur contrat avec leur tête de gondole dans les jours qui ont suivi la publication du rapport de l’Usada, aucun n’a jusqu’à présent réclamé des dommages et intérêts pour atteinte à l’image. Or, dans les contrats de sponsoring modernes, il existe de nombreuses clauses qui obligent les sportifs à véhiculer une image « propre » et à défendre les valeurs des entreprises qui les soutiennent. Selon Christopher Mesnooh, avocat aux barreaux de New York et Paris, Armstrong encourt « toute une série d’actions en civil de la part des sociétés et personnes qui ont misé sur ses différentes victoires sur le Tour de France, et qui vont demander le remboursement des sommes d’argent qu’ils ont dépensées. »

Les organisateurs réclament leur prize money

En octobre dernier, Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, déclarait vouloir récupérer les 3 M€ de prize money récoltés par le Texan sur le Tour de France. Depuis, Jay Weatherill, organisateur du Tour Down Under, épreuve australienne à laquelle « LA » a participé, lui a emboité le pas. « Je serais plus qu'heureux si M. Armstrong nous remboursait. Beaucoup d'Australiens vont se sentir floués », a-t-il indiqué. Une position que pourraient adopter d’autres organisateurs.

La presse anglaise tient sa revanche

The Sunday Times a décidé d’attaquer en justice Lance Armstrong le mois dernier. L'hebdomadaire britannique lui réclame 1,2 millions d'euros. Le journal dominical cherche à récupérer la monnaie de sa pièce après avoir dû verser, il y a six ans, 360 000 euros au coureur qui avait porté plainte pour diffamation. A l’époque, The Sunday Times avait suggéré l'usage de produits dopants par l’Américain.

Un détour par la case prison ?

Refermée l’an dernier après deux ans d’investigations, l’enquête fédérale pour fraude pourrait être réouverte à la demande du gouvernement. Du coup, le ministère de la justice pourrait poursuivre l’Américain pour parjure (pour avoir témoigné sous serment) après ses dénégations devant un grand jury fédéral en 2005, alors que les faits sont actuellement prescrits. Si les faits sont avérés, Armstrong pourrait ainsi être contraint de rembourser 1,5M$ (1,14M€) à l’administration fiscale. Pire, il serait passible de 5 ans de prison.

GM