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Baugé, seul face à son destin

Grégory Baugé

Grégory Baugé - -

Le triple champion du monde de vitesse individuelle a effectué sa rentrée ce mardi à l’INSEP. De retour de blessure, le Français est entré dans la dernière ligne droite de sa préparation pour les Jeux Olympiques de Londres.

L’horloge affiche 16h30 au-dessus de la piste de cyclisme du stade Joseph Maigrot. Florian Rousseau, l’entraîneur national du sprint, rejoint ses dix coureurs pour l’entraînement du jour à l’INSEP. Mais un pistard manque à l’appel. Et pas des moindres. Le triple champion du monde de vitesse individuelle, Grégory Baugé, est en retard. « Il est retenu par un sponsor. Il va falloir qu’il organise mieux son temps », explique Rousseau. Tant pis, l’entraînement commencera sans lui.

Ce n’est que deux heures plus tard que le Guadeloupéen apparait enfin sur son vélo de course. Sans faire de vague. Tout de suite, Baugé se rapproche de son coach, qui le sermonne gentiment, pour expliquer son retard. Le meilleur pistard de la planète, blouson, jean baggy, baskets et sac à dos, écoute sans broncher. Comme un jeune étudiant face à son professeur. « Florian a raison. Maintenant, on est dans l’année olympique. Je me dois de m’organiser au mieux. Il sait et je sais que ça ne se reproduira pas », explique Baugé, réellement embêté par ce manque de ponctualité.

Un détour par les vestiaires et le cycliste, surnommé « le Tigre », réapparait dans sa « vraie peau ». Vêtu de son maillot arc-en-ciel de champion du monde, Baugé débute son entraînement quand tous ses collègues ont déjà regagné les vestiaires. Pendant qu’il s’échauffe, Rousseau, qui doit s’en aller pour un rendez-vous, lui donne son programme du jour. Un menu allégé, car Baugé se remet encore du décalage horaire avec la Guadeloupe, où il a passé ses fêtes.

« Il est imbattable »

Champion olympique de vitesse, c’est le seul titre majeur qui a manqué au palmarès du sélectionneur national en tant que coureur. Pourquoi son poulain y arriverait ? « Greg, lui, a des qualités physiques qui lui permettent d’envisager toutes les possibilités, compare Florian Rousseau. Je n’avais pas cela. Son physique, c’est de l’or en barre ! ». Les coéquipiers de Baugé sont également convaincus de son sacre outre-Manche. « Grégory sera champion olympique. Je pense que c’est écrit. Quand il sort les crocs, il est imbattable », lâche François Pervis, le spécialiste français du keirin.

Comme Teddy Riner sur les tatamis, Baugé fait figure d’ultra-favori dans sa discipline. Pas de quoi l’inquiéter : « Je ne m’occupe pas de ça. Je suis focalisé sur ma préparation. Je suis habitué à la pression. Chaque année, on m’attend et je gagne. Ce statut, c’est tant mieux finalement, parce que je pense que cela doit faire peur à mes adversaires. » Il est 20h45. Grégory Baugé est désormais seul dans l’anneau de vitesse. Plus d’entraîneur. Plus de coéquipier. Juste un simple coureur, concentré sur le dernier grand objectif de sa carrière : décrocher l’or olympique à Londres. Avant une reconversion prévue ensuite dans l’athlétisme.