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Bordry déclare la guerre à l’UCI

C'est la guerre ouverte entre l'AFLD et l'UCI, après les déclarations du président de l'agence française mettent en cause la volonté de la fédération internationale de lutter contre le dopage sur le Tour de France.

C'est la guerre ouverte entre l'AFLD et l'UCI, après les déclarations du président de l'agence française mettent en cause la volonté de la fédération internationale de lutter contre le dopage sur le Tour de France. - -

Le président de l’Agence française de lutte contre le dopage remet en cause le protocole des contrôles sur le Tour de France 2009 et ne veut plus travailler avec l’UCI.

Rien ne va plus entre l’Agence française de lutte contre le dopage et l’Union cycliste internationale. Pierre Bordry, le président de l’AFLD, a annoncé mercredi qu’il « ne souhaitait plus travailler avec une fédération internationale qui ne respecte pas son propre règlement ». Selon lui, l’UCI est coupable de complaisance avec certaines équipes, notamment Astana et ses ténors Lance Armstrong et Alberto Contador.

Pendant le Tour de France 2009, des dizaines de prélèvements ont été effectués, mais aucun coureur n’a été contrôlé positif. Pas de quoi rassurer le président de l’AFLD, qui s’interroge sur d’éventuelles « manipulations ». Des accusations que l’UCI estime « totalement infondées ».

Pour justifier ses doutes, Pierre Bordry a établi un rapport pointant les manquements aux règles du Code mondial antidopage, de la part de l’UCI, responsable des contrôles sur le dernier Tour (l’ALFD n’intervenait qu’en tant que prestataire). « Il y a eu des délais accordés aux sportifs entre la notification et le prélèvement, l’absence des escortes pour accompagner les coureurs, ou encore le transport du sang sans les conditions normales de réfrigération », déplore le président de l’agence française. Des conditions qui auraient pu permettre aux cyclistes contrôlés de manipuler les résultats, et qui menacent la bonne conservation de certains échantillons.

Un Tour 2010 sans l'AFLD ?

Après ces révélations, l’AFLD pourrait être mise à l’écart du Tour de France 2010. Car en matière de lutte antidopage, les fédérations internationales peuvent choisir des structures privées pour les contrôles, à l’instar des Suédois d’IDTM régulièrement présents sur les évènements sportifs. Pat McQuaid, le président de l’UCI a d’ailleurs déjà évoqué la possibilité de « collaborer avec un partenaire neutre pour les contrôles effectués en France ». La ministre des Sports, Roselyne Bachelot condamne également le choix de Pat McQuaid. « Il faudrait des éléments extrêmement sérieux pour que face à l’opinion publique, l’UCI discrédite cette agence française en ne lui confiant pas ses analyses, souligne la Ministre de la santé. Ce ne serait pas en faveur de l’UCI. »

Avec ce bras de fer qui oppose au grand jour l’UCI et l’AFLD, le spectre d’une politique antidopage a minima sur le Tour revient sur le devant de la scène. D’autant que ces accusations jettent à nouveau le discrédit sur une instance cycliste déjà maintes fois montrée du doigt par le passé pour sa mansuétude envers les tricheurs.

La rédaction - Mehdi Pfeiffer