RMC Sport

Jalabert : « Je n’ai pas l’intention de m’en aller »

-

- - -

Laurent Jalabert dresse un bilan positif des championnats du monde de l’équipe de France malgré l’absence de médailles. Le sélectionneur des Bleus espère pouvoir poursuivre sa mission la saison prochaine.

Laurent Jalabert, pensez-vous que Thomas Voeckler a été trop seul dans le final pour avoir une chance ?

Quand une équipe est dévouée corps et biens et donne tout ce qu’elle a, forcément, les gars, dans le final, ils ne sont plus là. On a fait la course quand même. On voulait une course dure, on l’a eue, et on a largement participé à ça. Thomas savait où était sa course. Dans le dernier tour, dans la dernière montée. On regarde le classement, Gilbert, Boasson Hagen, Valverde, ce ne sont pas des coureurs qui sortent de nulle part. Thomas a confirmé ce que je pensais de lui avant ces championnats : qu’il était capable de tenir son rôle de leader. C’est peut-être même le seul en France capable d’être à ce niveau dans un final de championnat du monde. Le choix était le bon. Il n’a manqué personne, chacun a tenu son rôle.

Au final, vous n’êtes pas si loin du compte…

Dans un championnat du monde, il y a juste un heureux et que des déçus derrière. L’important c’est d’avoir couru pour aller chercher la victoire. C’est ce qu’on a fait. Après, la place, elle est accessoire. C’est plutôt une déception parce que Thomas méritait certainement mieux, mais c’est une satisfaction parce qu’on a montré le visage d’une équipe soudée qui a su travailler ensemble autour d’un leader, et que le leader a su répondre là où on l’attendait.

Allez-vous continuer à la tête de l’équipe de France ?

La question ne se pose pas. C’est vous qui la posez. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Moi je n’ai jamais exprimé ce besoin-là. J’ai simplement dit que si quelqu’un était mieux placé et avait de meilleures idées que moi pour occuper ce poste, je ne me battrai pas et laisserai la place volontiers. Ce qui me guide, c’est l’envie, le plaisir. Aujourd’hui, j’ai eu des émotions, j’ai vibré. Toute la semaine d’ailleurs. J’ai eu du plaisir à être avec cette équipe et je n’ai pas réfléchi à la suite une seconde. Mais si vous voulez une réponse : non, je n’ai pas l’intention de m’en aller.

Le titre de l'encadré ici

Des soutiens de poids pour "Jaja"|||

La mission de Laurent Jalabert à la tête de l’équipe de France devait durer quatre ans. Et les Mondiaux de Valkenburg en marquer le terme. Mais le sélectionneur français dispose de soutiens de poids, en la personne de David Lappartient, président de la Fédération française de cyclisme, ou encore Thomas Voeckler, et se place en grand favori à sa propre succession. David Lappartient : « On s’était donné une mission de quatre ans. On avait dit qu’à l’issue des quatre championnats du monde et des Jeux Olympiques, on ferait ensemble le bilan. Il est prévu qu’on puisse se voir en octobre-novembre pour cela. Pour moi c’est l’homme de la situation. Il a son caractère, c’est clair, mais il a toute ma confiance. Ce qui me séduit chez lui, c’est sa volonté de toujours concourir pour gagner. C’est aussi la vision que j’ai des équipes de France. » Même son de cloche du côté de Voeckler : « Je n’ai pas à être pour ou contre, mais chaque fois que j’ai été en sélection avec Laurent, cela s’est très bien passé. Entre lui et le groupe, il y a toujours eu un bon contact ».

Recueilli par Georges Quirino à Valkenburg