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Contador : « Je n’ai rien fait »

Alberto Contador

Alberto Contador - -

Au lendemain de sa suspension de deux ans pour dopage, le coureur de Saxo Bank a tenu une conférence de presse à Pinto au cours de laquelle il a une nouvelle fois clamé son innocence. Touché par le soutien du peuple espagnol, « El Pistolero » va étudier la possibilité de faire appel.

Alberto, dans quel état d’esprit êtes-vous au lendemain de la sanction prononcée par le TAS ?

J’ai un sentiment de déception vraiment énorme. Cette histoire a commencé il y a un an et demi. Je me suis demandé comment je pouvais me trouver dans cette situation. C’est très dur pour moi. Je ne le souhaite à personne. Il y a eu des fausses informations, des rumeurs. Ça a été un vrai calvaire pour moi. Le plus dur, c’est que ma famille et mes amis ont souffert énormément. On m’a accusé de choses qui vont à l’encontre de tout ce qu’on m’a inculqué quand j’étais jeune. Je ne suis pas d’accord avec le jugement du TAS (Tribunal arbitral du sport, ndlr). Je n’arrive pas à comprendre cette sanction. Durant tous ces mois, j’ai fait tout mon possible pour démontrer mon innocence. Je suis resté assis pendant cinq heures devant un détecteur de mensonge, comme un délinquant, quelques jours avant d’aller au Giro. J’ai dit aux jurés que je ferai tout ce qu’ils voudraient pour prouver mon innocence. Je suis satisfait, dans le sens où les gens qui liront le texte du TAS comprendront que je ne me suis pas dopé.

Vous affirmez donc ne jamais avoir eu recours au dopage...

Ce sont des quantités ridicules (de clenbutérol retrouvé dans ses urines, ndlr) qui n’affectent pas les performances. Ça a peut-être pour origine un supplément alimentaire que j’aurais pris sans le savoir. On m’a infligé une peine maximum de deux ans, une amende et le retrait de mes victoires. Je veux qu’on garde une bonne image de moi après chaque compétition. Ces victoires ne m’appartiennent pas. Elles appartiennent à tous ceux à qui ça a fait plaisir. Ce sont eux qui peuvent décider qui a gagné cette course. Je vais continuer à courir de manière propre, comme je l’ai fait durant toute ma carrière.

« Mes avocats travaillent »

Vous avez reçu énormément de soutien en Espagne depuis l’annonce de la sanction...

Aujourd’hui mon moral est un peu bas. Mais je sais que ça va me rendre plus fort. Je remercie l’appui que tout le monde m’a donné. Ce soutien est incroyable. C’était très important pour moi. Ça a été des mois de calvaire. Je n’arrivais pas à dormir. Mais grâce à ces soutiens, j’ai pu continuer à lutter jusqu’à aujourd’hui. Je veux aussi remercier mon équipe pour l’appui qu’elle m’a toujours donné. Je remercie mes sponsors qui continuent à avoir confiance en moi.

Allez-vous faire appel de cette suspension ?

Mes avocats travaillent sur tous les cas possibles. Il y a eu des cas antérieurs. Nous allons nous battre jusqu’au bout. Ils doivent étudier cette décision. Ils vont le faire jusqu’à la fin.
On ne comprend pas cette sanction pour plusieurs raisons. Je ne connais pas tous les précédents. Je ne sais pas s’il y a eu des cas similaires au mien auparavant. Il y a beaucoup de choses que je n’arrive pas à comprendre. Maintenant que je connais cette sentence, mon sentiment clair, c’est l’innocence. Je n’ai rien fait.

« Etre à mon meilleur niveau dès mon retour »

Pourquoi la procédure a-t-elle duré un an et demi ?

Je veux dire une chose importante. Je ne souhaite à personne ce qui m’est arrivé. J’espère que pour le bien du sport et des athlètes que ces procès finiront beaucoup plus vite. Ça ne peut pas durer aussi longtemps.

Pensez-vous pouvoir retrouver votre niveau après cette affaire ?

C’est difficile de répondre. Je connais la décision depuis quelques heures. C’est un peu dur à assimiler. Il faut que je digère tout ça. Je ne sais pas comment mon corps va répondre à ça. Au niveau physique, je n’en sais rien. D’ici au mois d’aout prochain, j’ai le temps d’organiser mon avenir. J’espère être à mon meilleur niveau dès mon retour.

Avez-vous l’impression d’être persécuté par les Français ?

Non, absolument pas.