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Dans la roue de la FDJ

Sandy Casar

Sandy Casar - -

En pleine préparation du Dauphiné Libéré, qui débute dimanche, et du Tour de France, la FDJ nous a ouvert ses portes à l’occasion de son stage à Saint Jean de Maurienne. L’équipe de Marc Madiot a profité de ses cinq jours pour tester du matériel, reconnaître les cols de la région et souder son groupe.

Il n’est pas encore 7h30 que William Bonnet pointe le bout de son nez dans la salle du petit déjeuner. « C’est bon, la machine est prête ? », lance-t-il dans le réfectoire « Pas encore », lui répond une des deux personnes employées par CryAntal et responsables des séances de cryothérapie des coureurs. L’équipe de la FDJ prépare son Dauphiné et le Tour de France du côté de la vallée de la Maurienne et en guise de réveil, les douze coureurs ont droit à un traitement de choc avec une séance de cryothérapie (voir par ailleurs).

« Dès le matin, ça réveille », sourit Sandy Casar, rhabillé et qui a pris soin de bien ranger les charentaises qu’il a chaussés pour la séance matinale. Le Francilien n’a d’ailleurs pas eu la force de tenir trois minutes ce matin-là. La FDJ a établi ses quartiers dans la cour de l’hôtel de l’Europe. L’unité mobile de cryothérapie, le camion avec le matériel, une table sur laquelle les entraîneurs notent les observations des coureurs… L’équipe est ici chez elle.

Thierry Bricaud, le directeur sportif en charge de ce stage en l’absence de Marc Madiot, entretient le mystère sur le programme du jour. Les coureurs partent à 10h. Ils savent simplement qu’ils rouleront six heures et grimperont trois cols. Avec le Glandon, l’Alpe d’Huez et la Croix de Fer, le programme s’annonce corsé. « On reprend le coup de pédale de la montagne, explique Bricaud. On reconnaît les routes qu’emprunteront le Dauphiné et le Tour et on continue de souder l’équipe. »

Mouton, barbecue et rosé

Début de sortie, les sourires se lisent sur les visages des coureurs qui croisent un troupeau de moutons emmenés par des bergers aux sommets du Glandon. Le temps d’avaler un gâteau de semoule pour les uns, une banane pour les autres et les voilà repartis. Direction l’Alpe d’Huez. C’est Pierrick Fédrigo qui arrive le premier. Au sommet, il tombe sur un groupe prêt à passer à table autour d’un barbecue. Ni rosé, ni merguez pour la bande à Bricaud qui reprend la route après avoir salué la bande d’amis.

Le soleil est maintenant bien caché et c’est sous la pluie et dans le froid que la petite troupe monte la Croix de Fer. Les conditions sont très difficiles. Tous s’accrochent. Les sourires sont maintenant beaucoup plus discrets. Jérémy Roy et Mickael Delage ferment la marche, à l’abri du vent derrière les voitures. « Pas de cryothérapie pour moi ce soir », murmure ce dernier. Pour ce qui est du froid, il a eu sa dose du jour.

Le titre de l'encadré ici

Qu’est ce que la cryothérapie ?|||

« Marc Madiot en avait mare d’entendre qu’on était une équipe ringarde qui courait à l’ancienne. » Le commentaire est signé Gérard Guillaume. Médecin de la FDJ, le praticien ne dissimule pas son plaisir. Pour la première fois dans l’histoire du sport, une équipe va mettre en place une unité mobile de cryothérapie à l’occasion du Dauphiné (5 au 12 juin), et sans doute sur le Tour. Cette technique consiste à utiliser le froid comme outil thérapeutique. Deux fois par jour (matin et soir) pendant trois minutes, les coureurs entreront donc dans cette petite cabine dont les températures tombent à – 170°C placée dans le camion mobile. « En apparence, ça semble complètement fou. Les objectifs sont la préparation et la récupération de la fatigue et la récupération post-traumatique », explique le médecin. Les équipes logistiques travaillent désormais sur les moyens de recharger quotidiennement la cuve en azote sur le Tour. Le coût ? 50€ par séance. Les principaux intéressés se montraient encore circonspects après les premiers essais. « J’aime bien le voir pour le croire », sourit Jérémy Roy. « Je suis un peu de la vieille école, le genre à garder les jambes en l’air pour la circulation sanguine, continue Pierrick Fédrigo. Nous sommes tous un peu sur la défensive. »

P.Ta.