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Dopage : Mcquaid en avocat de la défense

Pat McQuaid s'exprime devant les sénateurs aujourd'hui

Pat McQuaid s'exprime devant les sénateurs aujourd'hui - -

Comme plusieurs acteurs du sport, Pat McQuaid, le patron de l’Union Cycliste Internationale, sera entendu cet après-midi par la commission d’enquête sur le dopage du Sénat. L'Irlandais viendra défendre une instance largement critiquée.

« Les contrôles antidopage doivent être faits en dehors de l’UCI ». La phrase, lancée en avril dernier par Greg Lemond, ancien triple vainqueur du Tour de France, a trouvé un écho. Quelques jours plus tard, c’est Travis Tygart, le président de l’USADA (l’agence américaine antidopage) qui reprenait ce souhait, à Paris, devant la commission d’enquête sur la lutte antidopage. Tous reprochent à l’UCI son silence, voire sa probable complicité durant les années Armstrong, et réclament des contrôles plus ciblés.

Ironie du sort, Lemond croisera aujourd’hui Pat McQuaid face à ces mêmes sénateurs. Une audition que le patron de l’UCI aborde confiant : « Je viens pour dire aux sénateurs français que nous travaillons au maximum contre le dopage. Nous sommes aujourd’hui la fédération internationale la plus forte dans ce domaine. Nous faisons régulièrement des efforts et j’apporterai des statistiques pour le prouver. »

Beaucoup de questions, peu de réponses

Alors qu’attendre de neuf de cette audition ? Comme ceux qui ont défilé au Sénat avant lui (notamment Felipe Contepomi David Douillet, Marie-George Buffet, Christian Prudhomme ou Didier Deschamps), l’Irlandais parlera sous serment. Ses propos serviront à alimenter le rapport des sénateurs, prévu pour juillet, et seront publics. Dans la forme, Mcquaid devrait insister sur la nouvelle crédibilité du cyclisme. Mais sur le fond, il n’y a presque rien à espérer. Sur le dossier Armstrong, il répète à l’envi que l’instance ne pouvait pas savoir. Sur d’éventuelles mesures à venir, il évoque « un rapport interne à l’UCI ainsi qu’un audit indépendant sur son action».

Quand on lui demande si le public peut espérer des mesures fortes, McQuaid se réfugie derrière son bilan récent : « Nous avons fait des tests inopinés. Grâce à cela, deux coureurs (ndlr : trois, depuis l’annonce lundi du contrôle positif de Mauro Santambrogio) ont été rattrapés lors du dernier Tour d’Italie. D’ailleurs, après le contrôle de Di Luca, beaucoup de coureurs ont réagi sur Twitter, cela montre bien que la mentalité du peloton a changé ces dernières années. » Pour celle des instances dirigeantes, on pourrait encore patienter. En poste depuis 2005, Pat Mcquaid est de nouveau candidat à sa propre succession.

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