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Et si Armstrong abandonnait ?

Lance Armstrong, clap de fin avant la fin du Tour ?

Lance Armstrong, clap de fin avant la fin du Tour ? - -

Entre de prétendus ennuis physiques et ses soucis judiciaires dans le cadre de l’Affaire Landis, le leader de la formation américaine RadioShack pourrait quitter le Tour avant son terme.

Rien n’est sûr mais certains indices plaident en faveur d’un retrait de l’Américain du Tour de France. Alors que dimanche les coureurs entrent dans les Alpes, Lance Armstrong pourrait décider de quitter l’épreuve, après une première semaine de plat qu’il aura passé à limiter les dégâts (14e au classement général à +3’16). Après l’étape de samedi, qui a vu le peloton être mis au supplice dans le Jura par le mini-raid en solitaire de Chavanel, le leader des RadioSchack semble avoir préparé les esprits à son abandon. « J'ai souffert, tout le monde a souffert, a admis le septuple vainqueur de l’épreuve, qui a aussi glissé qu’il avait eu « des douleurs à la selle » et qu’il avait « eu très mal », l’obligeant à « se lever souvent ».

A 10 000 km plus à l’Ouest, en Californie, l’agent spécial Jeff Novitzky de la Food and Drug Administration (FDA), pourrait faire beaucoup plus de mal au septuple vainqueur du Tour qu’une simple douleur à la selle. L’homme a demandé à George Hincapie, coureur BMC mais ancien coéquipier d’Armstrong du temps de l’US Postal, de témoigner dans le cadre de l’enquête ouverte par les autorités fédérales américaines suite aux accusations de dopage de Floyd Landis. Un autre coureur, ancien celui-ci et retraité depuis 2009 puisque suspendu plusieurs fois pour dopage, Tyler Hamilton, a également été sollicité par les services de l’agent californien.

Guimard : « Armstrong ne prépare-t-il pas son abandon sur le Tour ? »

Selon le Wall Street Journal, Hincapie aurait donné son accord pour collaborer. Hamilton réserverait sa réponse. Quoi qu’il en soit, la FDA attendrait la fin du Tour pour commencer ses auditions. Armstrong est nécessairement au courant des développements rapides de l’affaire Landis dont il est l’épicentre en sursis. Pat McQuaid, boss irlandais de l’UCI et allié de longue date du Texan, n’a pu faire autrement que de déclarer il y a quelques heures qu’il n’y aurait « pas de différence de traitement avec Armstrong ». David Howman, patron de l’influente Agence mondiale antidopage, a indiqué que l’enquête « avançait rapidement » et qu’elle « comportait des éléments sérieux ». Sur Twitter, Armstrong s’est borné à féliciter le vainqueur de l’étape : « And congrats to Chavanel. Gutsy ride (Bravo à Chavanel, course courageuse). »

L’idée d’un abandon de l’Américain ne surprend pas en tous cas Cyrille Guimard, ancien directeur sportif et œil avisé sur la Grande Boucle : « Pour la première fois on a un Lance Armstrong qui est en difficulté sur ce Tour de France. Après un très beau prologue, il a un premier ennui sur les routes de Wallonie où il est sauvé des eaux par Cancellara, mais le lendemain sur les pavés il crève pour la première fois, il ne peut pas rejoindre, il n’a pas assez d’équipiers, il se retrouve loin au général. Et au moment où on attaque la haute montagne, il parle de problèmes physiques. Lance Armstrong ne prépare-t-il pas son abandon sur le Tour ? » Si tous les indices convergeaient vers ce que l’on pressent, ce serait une sortie par la petite porte pour le King de Plano.

Louis Chenaille