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Europcar fait débat

Les coureurs de l'équipe Europcar

Les coureurs de l'équipe Europcar - -

Suspendue provisoirement du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) à cause de « l’affaire » Pierre Rolland lors du Dauphiné, l’équipe Europcar provoque des interrogations au sein du peloton français à quelques jours du départ du Tour de France.

La lutte antidopage dans le cyclisme tricolore prend parfois des airs de combat schizophrénique. Dans un coin, des équipes engagées à tout faire, des contrôles très intensifs à l’adhésion volontaire au Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), dont les standards antidopage sont supérieurs à ceux du peloton international. De l’autre, un grand public peu au fait des arcanes du cyclisme et qui finit par s’emmêler l’esprit dans des doutes. Prenez « l’affaire » Pierre Rolland et son taux de cortisolémie trop bas au départ de la 7e étape du Critérium du Dauphiné. Un imbroglio qui a poussé le MPCC à suspendre provisoirement la formation vendéenne.

Symbolique, la décision ne remet pas en cause la participation de Rolland et/ou d’Europcar au Tour de France, où le huitième de la dernière édition sera le leader de son équipe. Mais elle a assombri le climat ce week-end à Lannilis, cadre des championnats de France. Et des interrogations planent. Presque un malaise. Le regard dur, Thomas Voeckler a prévenu qu’il ne répondrait à aucune question sur le sujet en marge d’une interview avec une dizaine de journalistes. Aucun coureur d’Europcar n’a d’ailleurs communiqué sur cette « affaire », respectant une volonté de l’équipe, et Pierre Rolland a pu éviter les micros. Mais le manager, Jean-René Bernaudeau, a tenu à monter au créneau : « C’est un problème d’experts. J’ai toute confiance en Hubert Long (médecin d’Europcar, ndlr) et en Pierre. L’équipe a toujours lutté contre la triche. On est très serein et j’ai ma conscience tranquille. »

Lavenu : « Europcar doit rentrer dans les clous »

Un JR tout de même agacé de voir ce boulet médiatique lui tomber dessus à l’heure où il poursuit sa quête d’un nouveau sponsor pour la saison prochaine. « Cette histoire est difficile à comprendre pour le public et pour mes contacts, confirme Bernaudeau. Beaucoup ne savent pas ce qu’est le MPCC, donc c’est un bel handicap pour moi. » Du côté des autres formations et de la Fédération française, la décision du MPCC recueille un large consensus. Question de crédibilité à asseoir. Manager d’AG2R La Mondiale, Vincent Lavenu avait auto-suspendu son équipe pour le Dauphiné, en raison de deux contrôles positifs et en vertu du règlement du MPCC, privant sa formation basée en Rhône-Alpes de son « épreuve phare de l’année après le Tour ».

Autant dire qu’il n’hésite pas à rappeler Bernaudeau et ses troupes à leurs devoirs. « Je ne pense pas qu’il y ait un malaise avec Europcar, explique Lavenu. Mais il y a eu des fautes commises et l’équipe doit être sanctionnée d’une manière juste. C’est ce qui a été fait. L’équipe Europcar doit se remettre dans les clous par rapport au règlement mis en place par l’ensemble des membres du MPCC. » Et le manager d’AG2R de lâcher un tacle au passage : « Respecter ses engagements, c’est une des règles de la vie, pas simplement dans le sport ». Même son de cloche, mais plus feutré, chez le président de la Fédération, David Lappartient, qui pointe les répercussions auprès du public : « C’était la décision à prendre. Sur ce sujet, on ne peut avoir aucune légèreté. Si les procédures avaient été appliquées, on n’en serait pas arrivé à ce ramdam, ces soupçons, ces interrogations et ces gens qui parlent mais sans comprendre grand-chose. »

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A. H. avec Georges Quirino, à Lannilis