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Jaksche : « Je ne m’attends pas à un coming out de Jalabert »

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DOCUMENT RMC SPORT. L’Allemand Jörg Jaksche sera témoin assisté au procès Puerto. Passé par la formation Once comme que le Français Laurent Jalabert, l’ex-coureur de Manolo Saiz donne son avis sur le cyclisme tricolore.

Jörg, y a-t-il du dopage dans le cyclisme français ?

Le vélo français a moins de problèmes avec le dopage. Bon, il y a eu l’affaire Europcar, l’OCLAESP a dû clore l’enquête parce que les témoignages des coureurs n’apportaient aucune preuve… C’était un peu bizarre. Mais je pense que s’il y a des problèmes, il y en a certainement moins qu’ailleurs.

Comment étaient perçues les équipes françaises au début des années 2000 ?

A mon époque, aller dans une équipe française voulait dire que tu voulais courir propre, gagner bien ta vie et avoir moins de pression sur les résultats. Les équipes françaises ont réussi à faire passer le message qu’il ne fallait pas gagner à tout prix. Les sponsors acceptaient ça. Dans d’autres équipes comme CSC, il y avait une pression incroyable. Les Français ont bien réagi après l’affaire Festina.

N’avez-vous pas été tenté de courir en France ?

J’ai eu des discussions, mais le fait de venir d’une formation espagnole posait problème. Pour eux, je n’étais pas un bon coureur, j’étais un dopé. Ils ne voulaient pas investir sur un coureur qui avait la culture du dopage. J’ai parlé avec plusieurs équipes, mais ce n’est jamais allé loin.

Pourquoi Laurent Jalabert, qui a couru dans les mêmes équipes que vous (Once, CSC), a déclaré qu’Armstrong « restait un grand champion » ?

Honnêtement, je préfère ce genre d’attitude à celle de Paolo Bettini (sélectionneur d’Italie, ndlr) qui demandait à Armstrong de tout dire pour aider le cyclisme. OK, mais Bettini courait à la même époque dans des équipes italiennes… Jalabert est plus pragmatique, plus cohérent. Personnellement, je ne me sens pas trahi par Armstrong parce que j'ai fait à peu près les mêmes choses que lui, je n'ai pas de raison de le montrer du doigt. Jalabert a la même approche. Il sait ce qu’il se passait en son temps. Il dit, « écoutez les gars, on courait tous comme ça à l’époque et Armstrong était le meilleur d’entre nous ». C'était la loin non écrite du cyclisme. C'est plus honnête que Bettini. Je ne pense pas qu’il prenne le risque de détruire sa réputation par souci d’honnêteté. Je ne m’attends pas à un coming out de Jalabert

Entretien réalisé par Louis Chenaille