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Les révélations sur Jalabert font grincer des dents

Laurent Jalabert

Laurent Jalabert - -

Le contrôle positif à l’EPO de Laurent Jalabert sur le Tour de France 1998, annoncé par L’Equipe, a fait réagir le milieu du cyclisme. Plus que l’annonce, sans surprise pour certains, c’est surtout le timing qui fait débat, alors que la Grande Boucle débute ce samedi.

Laurent Jalabert positif à l’EPO sur le Tour de France 1998, forcément, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Si le vainqueur de la Vuelta 1995, visiblement abasourdi, a affirmé qu’il n’avait rien à se reprocher, les réactions du milieu du cyclisme se sont multipliées. Et la nouvelle n’a pas été accueillie par tous de la même manière. Si certains, comme Bruno Genevois (président de l’AFLD), préfèrent « attendre la publication du rapport de la commission d'enquête » avant de s’exprimer, pour beaucoup, cette nouvelle n’en est pas vraiment une, tant le peloton de la fin des années 1990 et du début des années 2000 était gangrené par le dopage.

« Il n’y avait pas qu’Armstrong qui était dopé, souligne Pierre Bordry, président de l’AFLD entre 2005 et 2010. Aujourd’hui, d’autres noms peuvent sortir mais je ne sais pas ce dont le Sénat dispose. Ce qui est vraisemblable, c’est qu’Armstrong n’était pas le seul et il est l’un des seuls à avoir avoué. Il serait bien que les autres fassent pareil. » Même son de cloche chez Pierre Ballester, journaliste spécialiste du dopage et auteur de l’ouvrage L.A Confidentiel : « Laurent Jalabert, c’est un mec sympa, que tout le monde apprécie, plutôt un mec intelligent, curieux. Et même si ça tombe comme le nez au milieu de la figure parce que l’essentiel de sa carrière a été fait dans une équipe espagnole médicalisée par le docteur Fuentes et impliquée dans l’affaire Puerto, ça fait mal. »

Baal : « Que le masque tombe aujourd’hui, quelque part c’est bien »

Si cette information dévoilée lundi par L’Equipe ne surprend pas plus que cela la majorité du milieu du vélo, le timing, en revanche, fait grincer des dents. Cinq jours avant le départ de la 100e édition du Tour de France, une telle annonce place encore le cyclisme au cœur de la polémique. « Il est un peu tard pour divulguer plein de choses, je pense qu’il fallait le faire beaucoup plus en amont », souffle Laurent Brochard.

« Un jour, on va déterrer nos glorieux anciens dans le dernier siècle pour les fouiller. Je trouve cela ridicule et comme par hasard cela arrive à 4 ou 5 jours avant le départ du Tour de France. Tout cela est dirigé pour salir notre sport », peste quant à lui Philippe Crépel, ancien agent de Jalabert. Pour Daniel Baal, en revanche, il est d’utilité publique que cette affaire soit dévoilée, même si la Grande Boucle approche. « Que le masque tombe aujourd’hui, quelque part c’est bien, estime l’ancien président de la Fédération française de cyclisme. C’est vrai que si les moyens avaient permis de le déceler plus tôt ça aurait été mieux, parce que 15 ans après, on ne réécrit pas l’Histoire. »

Après les aveux de Lance Armstrong ou encore le procès Puerto, cette « affaire Jalabert » semble en tout cas être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Ce sont vraiment les gens de l’UCI qui nous ont trompés, lâche Eric Boyer, directeur sportif chez Cofidis. Ces gens n’ont plus rien à faire dans le cyclisme et ça fait des mois et des mois qu’on le rabâche. »

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