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Les temps forts de la première semaine

Sylvain Chavanel a été l'un des animateurs de la première semaine

Sylvain Chavanel a été l'un des animateurs de la première semaine - -

A l’issue des huit premières étapes, le peloton a eu droit à une journée de repos ce lundi à Avoriaz. L’occasion de revenir sur les faits marquants de ce début de course.

L’avènement de Chavanel
C’est le Français de cette première semaine. A 31 ans, Sylvain Chavanel est en train de s’offrir une notoriété nationale. Le coureur de la Quick Step n’a pas mis longtemps à s’illustrer sur ce Tour 2010. Dès la deuxième étape, il profite de la neutralisation du peloton, consécutive à une avalanche de chutes, pour s’imposer sur les routes de Spa, en Belgique. Il endosse du même coup le Maillot Jaune. Avant de le perdre dès le lendemain. Loin de se décourager, le natif de Châtellerault signe un nouveau coup d’éclat lors de la septième étape. A l’issue d’un superbe numéro de soliste, il triomphe sur les pentes des Rousses, dans le Jura. Aucun Français n’avait remporté deux victoires d’étape sur le Tour depuis Laurent Jalabert en 2001. Après un deuxième jour en jaune, Chavanel rentre dans le rang. Sans perdre sa motivation, malgré une 32e place au général. « Mon objectif c’est une troisième victoire d’étape, glisse-t-il. J’espère réaliser encore un grand numéro d’ici Paris. J’y crois. »

La mutinerie du peloton
La deuxième étape du Tour, entre Bruxelles et Spa, a donné lieu à des scènes dignes des plus grands bêtisiers. Sur une route rendue particulièrement glissante par la pluie, les coureurs ont enchainé les chutes dans la descente du col de Stockeu. Parfois de manière violente. Au point qu’ils décident, à l’initiative du Suisse Fabian Cancellera, alors Maillot Jaune, de neutraliser la course afin d’attendre les retardataires. En signe de protestation contre la dangerosité de cette étape, le peloton franchit la ligne d’arrivée plusieurs minutes après Sylvain Chavanel, sans se livrer au sprint pour la deuxième place. « C’était irréel, lâchera Lance Armstrong. Avec tout ce monde par terre, on s’est cru à la guerre. »

La défaillance d’Armstrong
L’Américain est sans contexte le grand perdant de cette première semaine. 39e du classement général, à 13’26’’du leader Cadel Evans, il a d’ores et déjà perdu tout espoir d’accrocher une huitième Grande Boucle à son palmarès. Après avoir chuté à de nombreuses reprises, chose inhabituelle pour « le Boss », ses dernières illusions se sont envolées dans l’ascension de Morzine-Avoriaz ce dimanche. Sous les moqueries d’une partie du public, le coureur de RadioShack n’a pu suivre le rythme des leaders. A l’arrivée, lucide, il n’a pas cherché à éluder la situation. « Mon Tour est fini mais je reste quand même, a-t-il expliqué. Maintenant, je vais m’accrocher et apprécier mon dernier Tour. »

La guerre des trois
Les premiers coups de pédale dans les Alpes ont fait le ménage ce week-end. Les écarts sont désormais substantiels en tête du classement. Trois hommes se détachent : l’Australien Cadel Evans, le Luxembourgeois Andy Schleck (à 20’’) et l’Espagnol Alberto Contador (1’1’’), double tenant du titre. Le trio devrait se disputer la victoire finale. Depuis son sacre mondial l’an passé à Mendrisio, en Suisse, Evans semble décomplexé et n’hésite plus à afficher ses ambitions. Après sa deuxième place lors du Tour 2009, A.Schleck a pour sa part mis un point d’honneur à remporter la première étape alpine à Avoriaz-Morzine. Même privé de son frère ainé, Franck, contraint à l’abandon lors de la troisième étape, le coureur de la Saxo Bank se positionne en lauréat crédible. Face à cette concurrence, Alberto Contador s’est jusqu’ici montré discret. Mais nul doute que « le Pistolero » conserve ses cartouches pour les Pyrénées, théâtre d’une lutte finale annoncée.

A.J.