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Paris-Nice : La Montagne de Lure, l’autre Ventoux

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La 5e étape de Paris-Nice entre Châteauneuf et la Montagne de Lure (176km) sera marquée ce vendredi par une arrivée à 1600m d’altitude. Une course taillée pour les grimpeurs, mais redoutée de tous les coureurs.

C’est l’étape que redoutent tous les coureurs de Paris-Nice. Ce vendredi, la Course au soleil atteindra des sommets. Ou plutôt un sommet, celui de la Montagne de Lure, dans les Alpes de Haute-Provence. Tout, sauf une partie de plaisir : un col de 1ère catégorie long de 13,8km à 6,6% de pente moyenne et un pic d’entrée à 8,5%, au pied. L’arrivée ? A 1600m d’altitude, soit la plus haute de l'histoire de Paris-Nice. « Je suis allé la reconnaître et je dois dire que c’est une montée très difficile, redoute Thomas Voeckler (Europcar). Si on a la même course au mois de mai, ça va. Mais sur Paris-Nice, en mars, la condition physique, les repères et même les corps des cyclistes ne sont pas les mêmes. Les paliers de récupération sont de 5%. Ce n’est pas du plat ! »

Si cette ascension effraie autant les coureurs de la Course au soleil, c’est aussi parce qu’elle a quelques points communs avec celle du Mont Ventoux. Surnommé la « petite sœur » du Géant de Provence, ce sommet qui se situe dans son prolongement géographique, présente aussi, dans sa partie supérieure, des pentes dénudées faites de rocailles aux couleurs claires. Un paysage lunaire, copie presque conforme du Mont Ventoux alias le « Mont Chauve », le bien nommé.

Voeckler : « Il y aura un écrémage »

La montagne de Lure accueille également une minuscule station de ski. Et vu la saison, il y aura de la neige sur les bords de la route ce vendredi pour accueillir les coureurs qui devraient également se coltiner la pluie. De quoi pimenter une étape clé. « Clé mais pas décisive, nuance Christian Prudhomme, directeur de Paris-Nice. En 2009, lorsqu’elle fut pour la première fois au programme, Alberto Contador avait été large vainqueur ici mais il avait perdu Paris-Nice derrière. »

Présent lors cette étape il y a quatre ans, Nicolas Roche (Saxobank) partage cet avis. « Il y aura deux juges de paix, la montagne de Lure et le contre-la-montre (arrivée dimanche au Col d’Eze, ndlr). Il est difficile de faire des écarts en montagne et plus facile de perdre 20 ou 30 secondes dans un chrono, mais la montagne de Lure établira pratiquement un classement final. Les routes ne sont pas larges et ne sont pas abritées, donc le vent sera important. En début de saison, monter un col de 13-14 kilomètres c’est long. » « Il y aura un écrémage », promet Thomas Voeckler. Alors, que le spectacle commence !

Aurélien Brossier avec GQ