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Petacchi l’opportuniste

Alessandro Petacchi (g) échappera à la chute massive des coureurs du peloton

Alessandro Petacchi (g) échappera à la chute massive des coureurs du peloton - -

Le sprinter de la Lampre, Alessandro Petacchi, remporte dimanche à Bruxelles la première étape au cours d’un final très agité. Cancelarra reste en jaune.

Avec des cathédrales pour uniques montagnes, cette traversée des Pays-Bas puis du plat pays était réservée aux sprinteurs. La victoire d’Alessandro Petacchi confirme le pronostic. Ce qui n’était pas prévu, c’est l’avalanche de chutes qui a secoué les derniers kilomètres. Peu se sont sortis du guêpier, une quinzaine de coureurs tout au plus, dont Petacchi a su s’extraire, plein de métier du haut de ses 36 ans. Mais l’image saisissante du jour n’est pas celle de l’Italien bras levés. Celle d’une grosse moitié du peloton à l’arrêt à quelques hectomètres de la ligne a davantage frappé les esprits. Noyé dans la masse, le maillot jaune de Fabian Cancelarra. Un coup d’arrêt sans conséquence pour le Suisse qui conserve son bien.
Alessandro Petacchi, sans victoire sur le Tour depuis 2003, devance au sprint l’Australien Mark Renshaw (Columbia), poisson-pilote du grandissime favori Mark Cavendish. Mais le Britannique a touché du bitume dans l’assaut final, comme Oscar Freire ou Alberto Contador. Seule bonne nouvelle, tous se sont relevés sans dommage, malgré le mollet en sang de l’Espagnol : « Je ne suis pas inquiet, je n’ai pas tapé trop fort », a rassuré le tenant du titre. Le podium de l’étape est complété par Thor Hushovd (Cérvélo) et c’est à une belle cinquième place que se glisse Matthieu Ladagnous, le coureur de la FDJ.

Voeckler : « On a franchi les limites de la sécurité »

Un hommage doit aussi être rendu à trois hommes : le Néerlandais Lars Boom, le Belge Maarten Wijnants et l'Espagnol Aitor Pérez ont dynamité cette édition dès son premier kilomètre. Le trio a compté jusqu’à 7’30 d’avance avant la réaction du peloton. Ce n’est qu’à 9 km de l’arrivée, soit après 215 km d’échappée, que Wijnants, dernier résistant, a rendu les armes, juste avant ce final mouvementé, heureusement sans graves conséquences. Mais les coureurs, déjà, s’inquiètent : « Les gens ont tendance à trop venir sur la route. A la fin de l'étape, les coureurs sont nerveux et chutent », déplore Pierrick Fédrigo. « On a franchi les limites de la sécurité. On arrive à 60 km/h et à des moments on avait à peine deux mètres pour passer », appuie Thomas Voeckler. Ivan Basso ne le contredirait pas. Au 60e kilomètre, il a fait une rencontre impromptue avec… un chien. Il a aboyé, mais la caravane du Tour est passée. La voilà bien lancée.

Silvère Beau