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Bernaudeau : « Une belle journée pour le vélo »

Thomas Voeckler et Jean-René Bernaudeau

Thomas Voeckler et Jean-René Bernaudeau - -

Le manager d’Europcar soutient que les trois succès de son équipe, avec le deuxième de Thomas Voeckler ce mercredi à Bagnères-de-Luchon, sont le signe du retour du cyclisme à ses vraies valeurs. Et que le dopage n’est plus la règle.

Jean-René, quel sentiment vous procure cette troisième victoire pour votre équipe ?

C’est une belle journée pour le vélo. J’ai vu des gens heureux, qui m’ont demandé si Thomas était fatigué. Il est là, il est fatigué comme les autres. C’est un drôle de mariage avec le public, avec ceux qui aiment le vrai bon vélo. Il ne se rate pas. Il pense à tous les étages de la pyramide. Il sait d’où il vient. Il ne change pas. Mais il devient plus qu’un coureur. C’est un ambassadeur. C’est le vélo qui gagne aujourd’hui. Il sera le leader pour défendre les valeurs que les gens aiment depuis toujours.

C’est le genre de scénario, avec ces quatre cols, qui reste dans les mémoires…

Moi, ce que je souhaite, c’est qu’il y ait des petits garçons qui regardent Thomas pédaler et qui aient envie de faire du vélo. On n’est là que pour ça, pour créer des vocations. Pas pour avoir des casques, des walkmans et la grosse tête. On est le contraire de ça. Thomas, ceux qui peuvent douter de lui, le critiquer, ce sont uniquement des gens qui ne le connaissent pas. C’est un amoureux du vélo, du vrai vélo. Il a l’art et la manière. Il ne laisse pas indifférent. Je ne sais même pas quoi dire. Je ne trouve pas les mots. C’est difficile de décrire ce qu’est Thomas en cinq minutes.

C’était un peu Thomas Voeckler contre Zlatan Ibrahimovic ce mercredi ?

Les millions, ça ne rend pas les gens plus heureux. On fait un sport fabuleux. Je pense aussi aux Fédérations de grands athlètes, comme le hand ou le canoë. Ce sont des athlètes formidables. Ce n’est pas parce qu’on a un secteur pro et que certains gagnent des millions qu’on doit se rendre plus intelligent et se croire plus fort que tout le monde. On espère véhiculer les seules vraies valeurs que les gens veulent, l’humilité et le respect des autres.

Quelle analyse faites-vous de ce Tour pour votre équipe ?

C’est le vélo qui va mieux, des baromètres qui vont bien. En physiologie, on ne peut pas rouler sur le plat à fond et faire le pied du col. Ça a existé pendant très longtemps. On a été critiqués, ça nous a rendus plus fort. Thomas m’a dit : «Tu t’imagines il y a quelques années, quand j’étais à 30 secondes, je ne rentrais jamais sur les gars ». Ce n’est pas sa vengeance. Il est heureux pour Mahé, Lila (ses enfants), Julie (son épouse), son masseur, pour tous ceux qui le soutiennent quand c’est difficile. Ce qui s’est dit sur nous au début du Tour, c’est absolument scandaleux. Pour Thomas, pour tout ce qu’il représente, je suis très content de savoir qu’on gêne autant.

Propos recueillis par Georges Quirino