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Blanc comme Jeannesson

Arnold Jeannesson, premier maillot blanc français depuis Romain Feillu en 2008

Arnold Jeannesson, premier maillot blanc français depuis Romain Feillu en 2008 - -

Maillot blanc (meilleur jeune) depuis jeudi, Arnold Jeannesson est à 25 ans l’un des grands espoirs du cyclisme français. Protégé par Marc Madiot, il pourrait être appelé à un grand avenir. Découverte.

Il y avait du monde du côté du car de la FDJ ce vendredi matin. Principales attractions, Jérémy Roy qui enchaîne les échappées (et endossera un peu plus tard le maillot à pois) mais aussi et surtout, Arnold Jeannesson, maillot blanc du meilleur jeune sur le Tour de France. A 25 ans, le natif de Paris est la nouvelle coqueluche du cyclisme français. Sa treizième place à Luz-Ardiden jeudi n’y est pas étrangère. Son classement au général (treizième également) non plus). Alors quand les médias se jettent sur le jeune homme, Marc Madiot entoure son protégé et lui indique le chemin de l’hôtel. Jeannesson n’aura pas la chance de laisser exprimer sa joie devant les télés françaises.

Il est comme ça Marc Madiot, il protège ses pépites. « C’est tellement français de croire qu’on tient le nouveau vainqueur du Tour, lance son directeur sportif, Thierry Bricaud. Il ne faut pas s’enflammer. Il est encore loin d’une victoire dans le Tour de France. » Un sentiment pleinement partagé par le patron : « Chaque chose en son temps », lance Madiot quand on le questionne sur son coureur. Formé chez BigMat Auber, le jeune homme a connu un parcours atypique. Après avoir fait ses classes en région parisienne, il file deux ans en Espagne à la Caisse d’Epargne. Mais là, il tourne en rond.

Trop à l’étroit en Espagne

Sous la coupe d’Yvon Ledanois, il se met au service de grands noms, comme David Arroyo lors de ses deux Tours d’Italie (2009 et 2010). Mais le costume est trop petit pour lui. Il a du mal à se mettre à l’espagnol et se fait mal à ce rôle. « Je voulais voir autre chose, explique-t-il. Même si ça fait partie de notre apprentissage, le rôle de coéquipier n’était pas celui que je préférais. Je savais que je n’avais peut-être pas ma place dans cette équipe. Je préférais aller jouer le rôle de leader dans une équipe française et je pense que la FDJ avait besoin d’un leader. Je pense être à ma place ici. »

Premier maillot blanc depuis Romain Feillu (qui l’avait porté une étape en 2008), il pourrait être le premier depuis Benoît Salmon (1999) à ramener la tunique à Paris. Ledanois y croit. L’actuel directeur sportif chez Movistar avait d’ailleurs prédit son numéro au matin de l’étape de jeudi. « Ça me fait mal, avoue-t-il. J’ai serré la main de Marco (ndlr : Madiot) hier (ndlr : jeudi), il m’a dit ‘bravo, il est bon ton coureur’. Mais je lui ai répondu que c’est maintenant son coureur. On est finalement partagé entre la satisfaction de ne pas s’être trompé et la frustration de le voir réussir avec un maillot qui n’est pas celui que j’aurais aimé qu’il porte. » Aujourd’hui en blanc, il pourrait rêver un jour de jaune… Lui n’y pense pas encore. Enfin, c’est ce que Madiot espère.