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Bouet, l’ascension de l’émotion

Maxime Bouet

Maxime Bouet - -

La 10e étape du Tour de France entre Mâcon et Bellegarde-sur-Valserine ce jeudi sera vécue intensément par Maxime Bouet. Le coureur d’AG2R-La Mondiale a perdu sa mère en 2010. Ses cendres ont été dispersées sur le col du Grand Colombier.

Maxime Bouet est un affectif, qui se définit lui-même comme un perfectionniste, qui a toujours envie de bien faire mais aussi toujours peur de décevoir. Des traits de caractères qui devraient prendre tout leur sens mercredi pour le coureur d’AG2R-La Mondiale, lors de cette 10e étape du Tour de France. Le natif de Bellay, dans l’Ain, et sa famille ont souvent déménagé, mais toujours à proximité du col du Grand Colombier. Au moment de grimper ce géant hors catégorie, il passera donc devant les siens : Gérard, son père, Maud sa sœur, mais aussi Brigitte, sa maman, disparue en février 2010 à l’âge de 50 ans des suites d’un cancer et dont les cendres ont été dispersées dans un petit parking à 200 mètres du sommet.

Forcément, c’est l’émotion qui prime lorsque Maxime Bouet parle de ce col inédit du Tour de France : « Pour moi comme pour ma famille, il est plus qu’une montagne. Ma mère, c’était tous les jours mon Colombier et je ne partirai jamais d’ici ». Cette étape, Maxime Bouet l’a bien-sûr inscrite en rouge dans son agenda et ne cache pas sa volonté de faire partie d’une échappée sur la terre de son enfance : « Je n’ai pas envie de me mettre une pression particulière et faire la course avant la course pour ne pas passer à côté. Mais oui, j’ai vraiment à cœur de bien faire ». Bien faire mais ne pas décevoir…

Lavenu : « Il doit maitriser l’émotion »

Ce n’est pas la première fois que le Belleysan emprunte le Grand Colombier en course officielle. L’ascension du col était déjà au programme de la 5e étape du dernier Critérium du Dauphiné au mois de juin. Maxime Bouet, qui ne figurait pas dans l’échappée, a tenté de partir en contre avec son beau-frère Brice Feillu dans le col, sans grand succès. Il le sait, l’important pour lui sera cette fois de ne pas rater la bonne échappée. « Il peut y avoir 100 accélérations, 100 tentatives d’échappée, et c’est la 101e qui va réussir à partir. Il y a une grande part de chance » raconte même le Français, qui ne veut pas connaitre la même mésaventure que le mois dernier.

Une dépense d’énergie inopportune plus dictée par le cœur que par la raison que Vincent Lavenu, directeur sportif d’AG2R-La Mondiale, veut aussi éviter mercredi. « Connaissant Maxime, qui fonctionne beaucoup à l’affectif et aux sensations, il faudra qu’il arrive à le gérer. Il ne devra pas faire l’erreur qu’il a faite au Dauphiné : attaquer au pied du Grand Colombier, prévient Lavenu. Il veut bien faire, parce qu’il y a sa famille et ses amis, mais il doit maitriser l’émotion. » Une chose est certaine, si les forces venaient à le lâcher dans l’ascension du Colombier, Maxime Bouet n’aurait pas à chercher bien loin un supplément d’âme pour s’accrocher…

Anthony Tallieu avec Pierre-Yves Leroux