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Cavendish se fâche avant les Pyrénées

Battu la veille par Greipel, Cavendish a pris le meilleur de son adversaire mercredi à Lavaur

Battu la veille par Greipel, Cavendish a pris le meilleur de son adversaire mercredi à Lavaur - -

Battu la veille par Greipel, le sprinteur de la formation HTC a obtenu gain de cause mercredi dans les rues de Lavaur, aux termes d’une 11e étape courue sous une pluie battante. Voeckler est toujours maillot jaune alors que le peloton entre ce jeudi dans la haute montagne.

« L’Express de l’île de Man » a eu une demi-roue de retard à Carmaux sur André Greipel (Omega Pharma-Lotto), son ancien partenaire HTC, et ça ne lui a pas plu, mais alors pas du tout. Mercredi à Lavaur, toujours dans le Tarn, l’Anglais l’a crié haut et fort à la face de l’Allemand et de tout le peloton, sous une pluie violente qui rincé les 177 coureurs débarqués en Pays de Cocagne. Mark Cavendish a remporté sa troisième victoire d’étape sur ce Tour, sa 18e en quatre participations. A 26 ans, le « Cave » s’est vengé avec la manière en terminant devant le vainqueur de la veille, et Tyler Farrar (Garmin) qui a complété le podium du jour.
« On a assisté à un remake d’hier mais dans l’autre sens, il a pris sa revanche sur Greipel, analyse Cyrille Guimard, consultant RMC Sport. Il est arrivé esseulé dans le final, mais en a gardé assez sous le pied pour gagner cette fois. » L’échappée du jour de six coureurs, dont les Français Valentin, Delage et Engoulvent, a éliminé une bonne partie du train HTC, mais Mark Renshaw est resté dans son rôle d’ultime poisson-pilote. Un plaisir ne venant jamais seul, « Cavenball » a fait coup double en dépossédant le Belge Philippe Gilbert (Omega Pharma-Lotto) du maillot vert. Maillot qu’il a d’ailleurs langoureusement embrassé sur le podium.

Voeckler ne croit pas garder le maillot jaune

« Ce n’est pas une revanche, j’ai accéléré avant la ligne », s’est contenté de dire le meilleur sprinteur du monde, qui se rapproche des 27 succès d’étapes sur la Grande Boucle de Bernard Hinault (record détenu par Eddy Merckx, 34). « Au train où il va, il peut battre mon nombre de victoires, mais il n’a pas encore gagné de Tour », a lâché le Blaireau. Une performance néanmoins saluée par un autre sprinteur, qui s’est illustré toute la journée avant de se faire avaler par le peloton à 3km de l’arrivée. « HTC a fait gros travail pour déposer Cavendish…, c’est pour ça qu’on va dans les échappés, on ne fait pas le poids », concédait Jimmy Engoulvent (Saur-Sojasun).
Le fatalisme pointe mais pour d’autres raisons dans le discours du toujours maillot jaune, Thomas Voeckler. Arrivé dans le paquet à Lavaur (75e), le coureur Europcar n’a pas caché son soulagement. « Je n’étais pas rassuré avec cette pluie, ça roulait à 60, 70 km/h, mais ça s’est bien passé. » A la veille de la première étape dans les Pyrénées, l’Alsacien compte toujours 1’49 d’avance sur Luis Leon Sanchez (Rabobank), et 2’26 sur le premier des favoris, Cadel Evans (BMC). Avis sans état d’âme de l’intéressé quant à ses chances de garder la précieuse tunique. « Je ferai tout pour, mais je n’y crois pas. Contador à trop de retard (4’07) pour rester passif. »

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Luz-Ardinen, les choses sérieuses commencent
Ils en parlent depuis la présentation du parcours. Ils en reconnaissent les moindres recoins avant le départ, histoire d’éviter les mauvaises surprises. Et cette fois, ils y sont enfin. La haute montagne. Juges de paix de la Grande Boucle, les cimes des cols vont être, comme toujours, le cadre de la grande explication entre les favoris. Cette année, les Pyrénées lancent le bal avant de laisser la place aux Alpes en dernière semaine. La première arrivée au sommet du parcours, à Luz-Ardiden, devrait ainsi être l’occasion de se découvrir pour les prétendants au maillot jaune. Avec une certitude : si le Tour ne sera pas encore gagné ce jeudi soir, il peut déjà être perdu pour ceux qui auront pris un gros bouillon. Au programme des 211 kilomètres de cette 12e étape entre Cugnaux et Luz-Ardiden ? Un final explosif. Avec, d’abord, le côté inédit de La Hourquette d’Ancizan, col de première catégorie emprunté pour la première fois de l’histoire de la Grande Boucle. Une difficulté dont le sommet est situé à 70 bornes de l’arrivée et qui permettra de réaliser un écrémage par l’arrière. Il sera alors temps d’escalader le sublime et légendaire Tourmalet (hors catégorie). La montée finale vers Luz-Ardiden, hors catégorie également, viendra compléter ce menu en forme d’indigestion pour sprinteurs. Pas au programme depuis 2003, où Lance Armstrong y avait triomphé dans des conditions météo dantesques malgré une chute due à la musette d’un spectateur, les 13 kilomètres de la montée de Luz-Ardiden présentent des passages à 10% de moyenne. De quoi faire des dégâts et apporter une hiérarchie mieux définie au classement général. Les frères Schleck, Alberto Contador et Cadel Evans sont prêts à en découdre. Qui fera la bonne opération du jour ? A.H.