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Ces histoires qui ont fait le Tour (1/23)

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A l’occasion de la 100e édition de la Grande Boucle, RMC Sport vous raconte chaque jour une petite histoire, drôle, anecdotique, décalée, dramatique ou simplement croustillante, qui a contribué à la grande histoire du Tour. Aujourd’hui, l’incroyable épopée de Marie Marvingt, seule femme à avoir pris part à l’épreuve… en 1908 et en toute clandestinité !

Marie Marvingt ne figure pas sur la liste des 110 participants au Tour de France 1908. Elle ne le sera jamais. Pourtant, elle figurait bien au départ de la 6e édition de la Grande Boucle le 13 juillet, sur l’île de la Jatte, à Neuilly. Mais aussi à l’arrivée, le 9 août au Parc des Princes, après avoir avalé, comme les 36 rescapés masculins, les 4 488 kilomètres du tracé de l’époque.

Interdite de Tour car exclusivement réservé aux hommes, Marie Marvingt doit improviser pour partir à l’assaut des routes de France. Elle s’élancera comme ces messieurs, suivra le même itinéraire qu’eux mais n’actionnera sa pédale qu’une bonne dizaine de minutes après le départ officiel de chaque étape. Difficile alors pour cette Lorraine de 33 ans d’aller contester le sacre de Lucien Petit-Breton (5 victoires d’étapes sur cette cuvée 1908), vainqueur du Tour pour la deuxième année consécutive, au grand dam de son dauphin, le Luxembourgeois François Faber. Elle restera anonyme sur cette Grande Boucle car clandestine. Forcément. Mais loin d’être inconnue.

Sur un vélo… à 86 ans !

Car Marie Marvingt, c’est une incorrigible touche-à-tout. Une formidable têtue férue de sport, comme le relate « Les 100 plus belles histoires du Tour de France » (publié par L’Humanité et Miroir du cyclisme). Le cyclisme ? Avant le Tour 1908, cette pionnière de l’aviation française s’était déjà signalée sur des raids longue distance, comme Nancy-Toulouse. Ou Nancy-Naples. Mais Marie « Casse-Cou », ce n’est pas que le vélo. C’est aussi de la natation, du tir, du ski, du patinage, de la gymnastique. Et, à chaque fois, des records en pagaille (17 records mondiaux). Marvingt tente tout, ne se refuse rien, réussit et excelle en tout. « Je décide de faire mieux, encore et toujours » affirme celle qui fut surnommée « la fiancée du danger », une phrase qui sonne comme la devise de sa vie, éteinte un soir de décembre 1963, le 14, à Laxou, dans la banlieue de Nancy.

Faire mieux, comme accéder au Top 5 des meilleurs alpinistes du globe. Pédaler encore, à 86 ans, deux ans avant sa mort lors d’un énième Nancy-Paris. Ou faire face à l’ennemi dans les tranchées, les armes à la main, aux côtés des poilus. Déguisée en homme, bien sûr, clandestine toujours et prête jusqu’au bout, surtout, à briser les codes établis. Ce qui lui vaudra la Croix de Guerre, en 1915.

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