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Ces histoires qui ont fait le Tour (6/23)

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A l’occasion de la 100e édition de la Grande Boucle, RMC Sport vous raconte chaque jour une petite histoire, drôle, anecdotique, décalée, dramatique ou simplement croustillante, qui a contribué à la grande histoire du Tour. Aujourd’hui, la grande évasion d’Albert Bourlon, sur le Tour 1947. 253 km en solitaire !

Cette 14e étape entre Carcassonne et Luchon vaut cher, très cher même. 20 000 francs sont promis au coureur en tête à Espéraza, aux environs du 50e kilomètre. Une sacrée somme en 1947, comme le rappellent Mustapha Kessous et Clément Lacombe dans « Les 100 histoires du Tour de France ». La Grande Boucle est de retour, après 8 ans d’interruption, Seconde guerre mondiale oblige. La France et le vélo se cherchent de nouveaux héros.

A ce prix-là, Albert Bourlon n’hésite pas longtemps. Dès le premier kilomètre, le grand brun s’envole vers sa récompense et empoche les 20 000 F. Mais « puisque je suis en tête, autant continuer », dira-t-il plus tard. Le coureur se sent bien. 16 minutes d’avance sur ses poursuivants au premier col, 22 minutes dans le suivant. Si bien que le Français termine l’étape avec 16’20’’ de marge.

La plus longue échappée en solitaire

Pas la moindre trace d’un autre cycliste depuis Carcassonne. Bourlon vient de conclure une échappée de… 253 km, soit l’intégralité de l’étape ! Sans le savoir, et presque sans le vouloir, il signe la plus longue échappée solitaire de l’histoire du Tour de France. Record toujours en cours.

Les échappées en solitaire, presque une habitude pour cet ex-soldat français. Prisonnier d’un camp de travail en Allemagne pendant la guerre, Bourlon tente par deux fois de s’évader, avant d’y parvenir à a troisième tentative. Un spécialiste en la matière ! « Dites bien que je suis plus fier de mes évasions que de mon échappée » n’aura de cesse de répéter le héros. C’est pourtant son arrivée à Luchon qui entrera dans la légende.

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