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Chavanel plus fort que la douleur

Sylvain Chavanel

Sylvain Chavanel - -

Victime d’une chute mercredi et proche de l’abandon jeudi, Sylvain Chavanel a finalement serré les dents pour terminer cette 7e étape dans le peloton. Car le puncheur de la Quick Step n’a pas l’intention de quitter les routes dans la voiture balais.

Il n’a pas abandonné son sourire. Même si Sylvain Chavanel connaît actuellement un début de Tour de France difficile. Victime d’une chute il y a deux jours, le champion de France souffre d’une clavicule. Lors de l’étape de Lisieux, le coureur de la Quick Step a rallié l’arrivé avec près de 12 minutes sur le vainqueur du jour, Edvald Boassen Hagen. Une triste 188 place sur 193 coureurs en course. Pourtant, au départ de la septième étape, « Mimosa » est descendu de son bus tout sourire, acclamé par des supporters. Il a signé des autographes, répondu aux journalistes… Sans agacement.

Le maillot jaune n’est aujourd’hui plus qu’une illusion puisque l’ancien homme de Cofidis compte près de 14 minutes de retard sur Thor Hushovd. Chavanel avoue avoir pensé à porter la prestigieuse tunique pendant quelques jours. La priorité est aujourd’hui ailleurs. « Je vais d’abord me concentrer sur ma guérison. L’objectif est de passer cette étape et de se dire que demain ça ira mieux, nous confiait-il vendredi matin. »

Pineau : « Il n’a pas envie de laisser tomber »

Dans les rangs de son équipe, on serre les dents par solidarité. « S’il n’était pas un coureur professionnel, il serait déjà à la maison, avoue Toon Cruyt, médecin de la formation belge. Il a souffert et a été sur le point d’abandonner, mais il a continué au courage. Ça devrait normalement aller mieux dans deux ou trois jours. » Son coéquipier et ami, Jérôme Pineau reprend en écho : « Il ne va pas beaucoup mieux et s’attend à vivre une nouvelle journée difficile. Il sert les dents, c’est quelqu’un qui a un gros moral et qui s’accroche. Il n’a pas envie de laisser tomber. Surtout avec son maillot bleu blanc rouge. » Et à plus forte raison parce que cette étape s’est déroulée sur ses terres.

Depuis le début de la Grande Boucle, le coureur d’Indre-et-Loire peut compter sur le soutien de ses nombreux supporters. Les encouragements étaient encore plus vivaces entre Le Mans et Châteauroux. « Rien que pour ça, je vais m’accrocher, explique-t-il. Il y a un vent de côté, ça va être difficile, mais je suis prêt psychologiquement à combattre tout ça. Hier (ndlr : jeudi), j’ai mis pied à terre, j’étais tout proche de l’abandon. Le moral est touché, mais on essaye de se motiver. » Une motivation intacte qui a fait défaut à son compère en ancien champion du monde, Tom Boonen qui a jeté l’éponge. Comme si cette tunique de champion de France lui avait offert un nouveau souffle.