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Claque de fin pour Evans

Cadel Evans

Cadel Evans - -

Malgré une timide attaque, Cadel Evans a craqué ce jeudi lors de la 11e étape du Tour de France. Désormais 4e au général à 3'19'' de Wiggins, le vainqueur sortant de la Grande Boucle peut dire adieu à un second succès d’affilée.

On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir attaqué… Bien timide depuis le début du Tour de France 2012, Cadel Evans était contraint d’attaquer ce jeudi s’il souhaitait revoir la vie en jaune. Après la claque reçue lundi lors du contre-la-montre, le vainqueur sortant de la Grande Boucle, relégué à 1’53’’ de Bradley Wiggins, vacillait déjà un peu. Au soir de la 11e étape du Tour, l’Australien ne se relèvera pas de cette ultime gifle infligée par le rouleau compresseur Sky, mené par son leader aux rouflaquettes, Bradley Wiggins.

L’attaque du coureur de 35 ans, seul Australien à avoir remporté la Grande Boucle, aura eu le mérite de redonner espoirs à ses supporters. Des espoirs éteints en l’espace de quelques kilomètres seulement dans cette ascension du col de la Croix-de-Fer. Le temps de se faire (définitivement) reprendre par le groupe Maillot Jaune, mené à merveille par Christopher Froome. Même si tactiquement tout était en place, avec l’appui de son coéquipier Van Garderen, le champion du monde 2010 a vite montré ses limites avant de lâcher définitivement les armes dans les 4 derniers kilomètres vers La Toussuire. Déjà K.O, Cadel Evans pose les deux genoux à terre sur une ultime attaque de Wiggins et sa bande. A l’arrivée, le constat est cinglant : 1’26’’ de retard.

Guimard : « Le Tour est plié pour Evans »

« C’était un peu le chant du cygne. Il n’a mis personne en difficulté sauf lui-même. Pour moi, le Tour est plié pour lui, regrette Cyrille Guimard, membre de la Dream Team de RMC Sport. Il n’a pas les jambes pour rééditer sa victoire de l’an passé, on va tourner la page ». Au général, Evans est désormais 4e à 3’19’’ de la tête. Incapable de revenir physiquement, le coureur australien peut dire adieu à ses rêves de doublé. « Evans devait à un moment ou un autre attaquer, confie John Lelangue, directeur sportif de l’équipe BMC, propulsé porte-parole de son protégé, parti se réfugier à l’hôtel. C’est un combattant et il va se battre jusqu’au bout, même si ça devient de plus en plus compliqué ».

Si Bradley Wiggins n’a pas été inquiété par Cadel Evans et Vincenzo Nibali, le danger est finalement venu de l’intérieur… et de son coéquipier Christopher Froome. Fidèle au Maillot jaune, le Britannique a créé la polémique en lâchant son leader à 4 kilomètres de l’arrivée à la Toussuire. Impressionnant de puissance, Froome est rappelé immédiatement à l’ordre via son oreillette par la direction sportive de l’équipe Sky. Les oreilles du Kenyan d’origines ont dû siffler… En bon coéquipier, le lieutenant a alors coupé net son effort pour attendre son coéquipier qui commençait à perdre pied. « Il fallait demander ce qu’il se passait ! Mais je ne l’ai pas engueulé, confie Sean Yates, directeur sportif de Sky. Notre but n’est pas de prendre la 2e ou 3e place, c’est de gagner le Tour. Il est évident que Froome souhaite être le mieux placé mais ce n’est pas le but de l’équipe ». Et si finalement Froome était le principal concurrent de Wiggins ?