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Cofidis, comme une rude gueule de bois

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Cofidis a traversé la 10e étape tel un fantôme. Peu en vue, la formation d’Yvon Sanquer n’a visiblement pas encore digéré l’affaire de dopage pour laquelle a été arrêté Rémy di Grégorio. L’heure est désormais à la remobilisation.

A Cofidis, on a visiblement opté pour la méthode Couet. Au lendemain de l’arrestation de Rémy di Grégorio, impliqué dans une affaire de dopage, le mot d’ordre était clair : le Tour continue et il faut passer à autre chose. Un message martelé mercredi par son manager, Yvon Sanquer. « Je pense qu’il faut tourner la page, assène celui qui est arrivé à Cofidis à la fin du mois de juin en remplacement d’Eric Boyer. On est là pour faire du vélo et la décision qui a été prise, c’est de faire du vélo dans les meilleures conditions possibles pour les coureurs et de continuer sur les objectifs qu’on s’était fixés ».

Même son de cloche du côté du directeur sportif Didier Rous, soucieux de maintenir l’équipage à flot : « La course continue, nous avons encore des ambitions avec Taaramae pour le maillot blanc (l’Estonien est 12e à 25’’ du maillot blanc T. Van Garderen, nldr) et on va continuer à se battre pour ça, se persuade le Montalbanais. Nous sommes derrière les gars, on les accompagne et il n’y a aucun problème ».

Un lendemain difficile

Oui mais voilà, la réalité du jour peine à coller au discours optimiste de rigueur. Lors de la 10e étape entre Macôn et Bellegarde-sur-Valserine, une échappée composée de 25 coureurs s’est formée, avec pas moins de 16 formations représentées sur 22 engagées. Cofidis n’y figurait pas... Pas une seule fois un coureur de l’équipe actuellement dans la tourmente ne s’est distingué ce mercredi, posant inévitablement la question de la gestion psychologique de l’éviction de Rémy di Grégorio. Et sur ce point, les propos de Didier Rous deviennent rapidement confus : « Si les gars sont choqués ? Non, ils ne sont pas plus choqués que ça », affirmait le directeur sportif mercredi matin, avant d’enchainer : « Bien évidemment, quand il se passe un truc comme cela, bien sûr que les garçons sont choqués. Mais il faut relativiser, ce n’est pas l’équipe Cofidis, c’est un individu. » Comprendront ceux qui pourront…

Si le sort de Rémy di Gregorio -dont la garde à vue se poursuivait ce mercredi en début de soirée avant d’être déféré ce jeudi matin devant le parquet de Marseille- est certainement toujours dans un coin de la tête des coureurs Cofidis, il incombe désormais à Yvon Sanquer et Didier Rous la tâche de remobiliser leurs troupes afin d’éviter toute éparpillement. Voire abdication. Sur ce point, le manager pense détenir la clé : « Pour tourner cette page, la solution est la même que pour essayer de faire les meilleurs résultats sportifs. Il faut se concentrer sur des faits concrets en matière de sport, de tactique, et de gestion de la course ». Il y a urgence, car le Tour passe la vitesse supérieure ce jeudi dans les Alpes.

Anthony Tallieu avec Rémi Perrot