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Contador : « Plus le même statut qu'avant »

Alberto Contador.

Alberto Contador. - -

Privé de Tour l’an passé en raison d’un contrôle positif au clenbutérol survenu lors du Tour 2010, Alberto Contador retrouve son épreuve fétiche. S’il ne s'estime pas favori, l’Espagnol pense que la course sera bien plus ouverte qu'on veut le croire.

Alberto, quel est votre sentiment alors que vous retrouvez le Tour de France ?

J'ai le sentiment de revenir sur la plus importante course du monde. Je prends ça comme un défi. C’est mon grand objectif. Je vais faire le maximum. Je n'ai plus le même statut qu'avant. Cela change un peu l'approche. Mais si je peux avoir cette position à chaque fois, je préfère. J'ai toujours cette pression, cette envie de faire toujours mieux. Mais le fait de ne pas être le grand favori, ça change beaucoup.

Dans quel état de forme êtes-vous ?

C'est difficile de savoir à quel niveau je me situe. Au Dauphiné, j'étais à 75% de ma forme. Maintenant, c'est 90% et c'était l'objectif au début du Tour, surtout quand on connait le parcours.

Comment voyez-vous le scénario de cette 100e édition ?

Cette année, ce sera un film avec plus d'acteurs. La tactique va dépendre du résultat du premier contre-la-montre (lors de la 11e étape entre Avranches et le Mont-Saint-Michel, ndlr) mais de toute façon, ça sera un Tour plus actif que l'an passé.

L’entrée en matière de ce Tour s’annonce explosive, avec un terrain particulièrement piègeux… Attaquer entre Ajaccio et Calvi ?

Tout est possible, mais ça dépend des circonstances de course. Avoir une équipe plus forte donne plus de tranquillité car tu sais que tu vas être amené au pied de la montagne en excellente position. C'est un véritable avantage. D'une manière générale, je crois que cette année, la course donne plus de possibilité que les années précèdentes. On peut prendre plus de risques. Il y a des étapes courtes. On peut partir de loin. Ca peut donner des situations très compliqués, je pense.

Cette saison, vous bénéficiez d’un soutien de poids avec Michael Rogers, passé de chez Sky à Saxo-Tinkoff…

Avoir Michael Rogers dans l'équipe, c'est très important. Il a beaucoup d'expérience et un palmarès. Il sera notre capitaine de route et un guide. Il était l'an passé chez Sky et connait bien cette équipe. Il va beaucoup nous aider.

Froome est-il l’homme à battre ?

Nous avons vu un Froome très fort durant la saison du World Tour, mais si je pensais que je ne peux pas le battre, si j'étais démotivé, je n'aurais pas la motivation nécessaire pour être ici et je ne serais pas au départ du Tour ! Moi, je pense qu'il y aura plus de prétendants que vous le pensez pour le classement général. On verra surtout après le deuxième contre-la-montre. On décidera alors de la stratégie offensive ou défensive à adopter. Mais ce dont je suis sûr, c'est que ce sera une course plus mouvementée que l'an passé !

Et Cadel Evans ?

Cadel Evans est un vrai challenger. Il a une très grande résistance, il est toujours là même si on ne sait jamais comment on récupère du Giro. C'est un candidat au podium à Paris.

Le Tour reste-t-il le Tour, malgré la bombe Armstrong désamorcée en début d’année ?...

Le Tour, c'est une course cycliste mais c'est surtout un événement majeur. Il sera toujours magique pour les gens même après les révélations d'Armstrong.