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Coup de chaud sur le Tour de France

le Tour sous la chaleur.

le Tour sous la chaleur. - -

Depuis le Grand Départ en Corse, le Tour de France jouit de conditions météo exceptionnelles en raison d’un soleil omniprésent. Un luxe pour les organisateurs, une contrainte pour les coureurs. Quels sont les risques ? Comment lutter contre ? Eléments de réponse avec le doc d’Europcar, Hubert Long.

Qu’il semble loin, ce Giro, disputé dans des conditions dantesques et sous un froid inhabituel. Un mois et demi plus tard, le Tour de France fait le grand écart avec un soleil au zénith et un mercure bloqué autour des 30°C. Des conditions météo exceptionnelles qui ravissent les coureurs après un hiver à rallonge et un printemps pourri qui a douché autant le moral que les organismes. Du coup, personne n’ose se plaindre de ce vrai temps d’été qui devrait escorter la caravane de la Grande Boucle de la Corse à… l’arrivée sur les Champs-Elysées. Mais les organismes n’ont pas fini de morfler.

« Tout le monde est très heureux qu’il fasse très chaud car cette année sur les courses cyclistes, le temps a été très capricieux, reconnaît Hubert Long, le médecin de l’équipe Europcar. Mais avec la chaleur se posent quelques problèmes, deux en particulier : la déshydratation, en raison de l’hypersudation, et le moteur qui chauffe, car il y a une élévation thermique de l’organisme. Le danger est double : si la déshydratation est importante, vous perdez énormément de capacités physiques. S’il y a une trop forte élévation thermique, vous avez un coup de chaud et c’est souvent l’arrêt brutal. »

Pesée le matin et le soir

Pour lutter contre ces effets secondaires qui peuvent également mettre à mal le système digestif, les différents staffs des équipes engagées redoublent d’ingéniosité et de petits trucs. Pendant la course, c’est 5 litres d’eau et/ou de boisons ioniques minimum à absorber pour chaque coureur. « Contre l’élévation thermique, précise Long, il faut s’arroser, s’asperger (2-3 litres d’eau, ndlr), faire refroidir le moteur. La chance, c’est que le vélo est un sport de plein air donc les corps se refroidissent grâce à la vitesse. Et puis, on peut prendre un antithermique, type Doliprane ou aspirine. »

Enfin, pour éviter tout risque de déshydratation, Voeckler, Rolland et le reste de la formation Europcar, sont pesés matin et soir. « Si l’écart est de l’ordre de 500-800 gr, on considère que c’est physiologique et que l’hydratation a été correcte, explique Long. En revanche, si ça commence à faire 1-1,2kg de perte de poids, ça veut dire que l’hydratation a été insuffisante. On force alors les coureurs à boire pendant les 2-3 heures qui suivent. Et le soir, dans notre camion nutrition, on augmente la ration hydrique, on met des laitages, des potages froids, des fruits, des salades de fruits et autres purées de fruits. »