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Di Grégorio s’échappe sous escorte

Rémy Di Grégorio

Rémy Di Grégorio - -

Interpellé ce mardi matin à Bourg-en-Bresse, Rémy Di Grégorio a été placé en garde à vue à Marseille dans le cadre d’une affaire présumée de dopage. Le coureur Cofidis sera entendu par la juge d’instruction en charge du dossier.

Après neuf jours de course, le Tour de France aspirait ce mardi au repos, avec comme unique préoccupation le passage des Alpes, que les coureurs affronteront dès ce mercredi. Las, une nouvelle affaire de dopage s’est invitée dans l’actualité de la Grande Boucle, trainant derrière elle son lot de colère et l’incompréhension. Le personnage principal de ce mauvais vaudeville s’appelle Rémy Di Grégorio. Le coureur de l’équipe Cofidis a été interpellé dans la matinée à son hôtel de Bourg-en-Bresse par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP). Placé en garde à vue, il a été transféré à Marseille pour être entendu par la juge d’instruction du pôle santé de la cité phocéenne, Annaïck Le Goff.

L’interpellation de Rémy Di Grégorio serait liée à l’utilisation de substances interdites et notamment de stéroïdes. Il est par ailleurs suspecté d’avoir participé à un trafic présumé de produits dopants en bande organisée. Suivi par les enquêteurs depuis près d’un an, alors qu’il portait les couleurs de la formation kazakhe Astana, il faisait l’objet depuis quelques temps d’écoutes téléphoniques. Les gendarmes auraient surpris très récemment Di Grégorio en train de passer un coup de téléphone à des fournisseurs de produit dopants. L’opération du jour visait à le prendre en flagrant délit. A Marseille, le coureur de 26 ans a été confronté à deux autres hommes également mis en garde à vue dans le cadre de cette affaire. Les premiers résultats de l’audition seront communiqués au terme de la garde à vue, d’une durée maximale de 48 heures.

Guimard : « Aujourd’hui, essayer de tricher, c’est être fou »

Immédiatement suspendu à titre conservatoire par son équipe Cofidis, Di Grégorio risque le licenciement pur et simple si les faits sont avérés. « Il n’y aura pas de demi-mesure. Aujourd’hui, on n’a pas le droit de commettre d’erreur de ce type », prévient le manager de l’équipe Yvon Sanquer, qui plaide l’acte isolé. « Il y a un coureur qui s’est égaré, a priori. C’est une démarche individuelle fort regrettable. » Sonnée, l’équipe tricolore entend cependant poursuivre sa route sur le Tour. « Les coureurs ne méritent pas d’être pénalisés par les agissements d’un individu, ajoute Sanquer. Le Tour, c’est énorme pour les coureurs. On a quatre coureurs néophytes cette année. Ils ont vécu cette annonce de manière douloureuse. Quand je leur ai expliqué, il y a eu des larmes. »

Quatorze ans après le séisme de l’affaire Festina, le Tour encaisse un nouvel uppercut de la part d’une pratique qu’il pensait révolue. « Aujourd’hui, essayer de tricher, c’est être fou, lance Cyrille Guimard, membre de la Dream Team RMC Sport. Et si cela se confirme pour lui, Di Grégorio est un gros idiot. Il sait très bien qu’un jour ou l’autre, il va se faire planter. Il savait qu’il y avait une enquête sur Astana, il savait ce genre de choses. » Rémi Di Grégorio, parfois comparé à Richard Virenque, suscitait au début de sa carrière une certaine admiration pour ses qualités de grimpeur. Si les faits qui lui sont reprochés sont avérés, ce sentiment virera au mépris.

Sylvain Reignault avec GQ, PYL, RP, LC