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Evans vacille déjà

Cadel Evans

Cadel Evans - -

Sixième du contre-la-montre ce lundi à Besançon, Cadel Evans (BMC) a fortement hypothéqué ses chances de remporter un deuxième Tour de France consécutif. Moins en verve, l’Australien est cerné par les Sky.

C’est une petite claque dont il n’est pas sûr de se relever. Cadel Evans a subi la loi de Bradley Wiggins et des Sky, ce lundi, lors du premier contre-la-montre du Tour de France. Avec 1’53’’ de retard sur le premier au général et seulement sept petites secondes d’avance sur Chris Froome, l’Australien est cerné. Son attitude moins tranchante sur le vélo a même surpris face au train d’enfer imprimé par les locomotives britanniques. « Je suis déçu. J’aurais préféré être plus prêt du maillot jaune, regrette-t-il. Perdre autant de temps dès le premier contre-la-montre, ce n’est pas optimal. » Le vainqueur de la dernière édition vacille. Au point d’avoir perdu la faveur des pronostics pour la victoire finale mais aussi pour décrocher la deuxième place.

« Froome se rapproche dangereusement au classement général, estime Cyrille Guimard, membre de la Dream Team RMC. Est-ce que l’adversaire de Wiggins, ce n’est finalement pas son équipier ? » Chez BMC, on ne croit pas à une telle éventualité. « Non, ce n’est pas fini. Si je commençais à me dire ça, je rentrerais à la maison, balaie John Lelangue, le directeur sportif. Moi, j’y crois. Il y a encore de belles étapes et un deuxième chrono qui sera différent de celui-là. On verra d’ici deux semaines à Paris. » Le rendez-vous dans les Alpes à partir de mercredi apparait comme le plan de repli choisi par la formation américaine pour combler le retard sur la première place. « On va passer à l’attaque. On a déjà essayé hier (dimanche) et on va poursuivre de la même façon, prévient Lelangue. Il y a encore quelques massifs qui nous attendent. »

Guimard : « Evans ne peut plus gagner le Tour »

Là encore, l’optimisme n’est pas de mise. Dans la Planches des Belles Filles, l’ancien vététiste avait vu sa tentative d’attaque annihilée par un Chris Froome impressionnant de facilité. L’absence de coéquipiers auprès du leader BMC dans cette ascension ne fait qu’amplifier la difficulté de la tâche. « Cadel Evans n’a pas la condition, ni les moyens de lutter contre Wiggins et Froome, prédit Cyrille Guimard. Il peut en piéger un mais pas les deux. Cadel Evans ne peut plus gagner le Tour. » L’intéressé y croit encore… mollement : « Non, le Tour n’est pas fini. Depuis le départ, je ne suis pas dans les meilleures conditions mais je vais continuer pour être en jaune à Paris. » Visiblement abattu, l’Australien de 35 ans ne veut pas se faire une raison. Il a pourtant regardé d’un air désabusé toute l’attention portée par les suiveurs et les journalistes à l’équipe Sky, dont le bus était stationné juste à côté de celui de sa formation. L’intérêt a changé de camp. Et qu’il le reconnaisse ou non, Cadel Evans a pris un coup derrière la tête.

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Pinot était à bout de souffle|||

Au lendemain de son exploit majuscule réalisé lors de la 8e étape, Thibaut Pinot a abordé le contre-la-montre en étant « vidé ». Résultat : une 59e place à 5’12’’ de Bradley Wiggins et une dégringolade à la 21e place du classement général malgré la présence de son père, Régis, dans la voiture suiveuse. « Après les chutes et la pression, tout est retombé hier soir, explique-t-il. C’était quand même un bon chrono avec beaucoup de monde. Ça reste un bon souvenir. J’espère me reposer pour être d’attaque mercredi. » Le coureur de 22 ans aimerait bien confirmer sa victoire d’étape et prendre rendez-vous pour l’avenir. « Il a toujours réalisé de grandes performances lorsqu’il fallait faire quelque chose de haut et de fort, rappelle Frédéric Grappe, l’un de ses entraîneurs à la FDJ. Il va falloir gérer tout ça. L’idée est de construire quelque chose de bien autour de lui pour faire en sorte que d’ici deux ou trois ans, il soit un véritable acteur du Tour de France. » L’histoire reste à écrire.

Nicolas Couet avec GQ, PYL, RP