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Froome, chronique d'un sacre annoncé ?

Christopher Froome

Christopher Froome - -

Il est devenu l’homme à battre. Christopher Froome, l’ancien lieutenant de Bradley Wiggins, s’est mué en ultra-favori de la plus grande course cycliste au monde. Impressionnant depuis un an, le Britannique ne semble pas avoir d’adversaires à sa mesure.

Oubliez le Froome 2012, muselé par les consignes d’équipe, obligé de ralentir pour attendre son leader. Celui de 2013, boosté par un début de saison canon, est un leader en (sur)puissance. En l’absence de Wiggins, tenant du titre forfait, l’autre joyau de la couronne britannique aura le champ libre et une armada, l’équipe Sky, à son service. D’ailleurs, le scénario de la course semble presque déjà écrit. C’est en tout cas l’avis de Christian Prudhomme, le directeur du Tour : « « Pour moi, c’est Froome et sa puissante équipe Sky contre le reste du monde. Les francs-tireurs doivent savoir que, pour battre la Sky, il faudra utiliser à tout instant les possibilités qui s’offrent à eux. »

Et des possibilités, les rivaux du « Kenyan Blanc » en auront. Entre les étapes piégeuses en début de Tour et l’enchaînement des cols alpestres en 3e semaine, Contador, Valverde et Cie trouveront des terrains à leur mesure. Mais comment battre l’imbattable Froome ? A l’exception notable de Tirreno-Adriatico (devancé par Nibali, absent du Tour), le Britannique a remporté presque toutes les courses sur lesquelles il s’est aligné : le Tour d’Oman, le Critérium International, le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné. A chaque fois, avec une insolente facilité. Sur les deux épreuves françaises, il avait à chaque fois devancé l’un de ses coéquipiers, Richie Porte. Bref, les machines Froome et Sky semblent être parfaitement réglées, programmées, comme l’était Wiggins l’an passé, pour gagner ce Tour de France 2013.

Les grains de sable

L’an dernier, Wiggins n’avait jamais été mis en danger, à l’exception de la vraie-fausse attaque de son lieutenant dans la montée vers Peyragudes. Cette année encore, peut-être que le plus grand danger ne vient pas des autres équipes. Sûrement pas non plus de son propre camp : Porte, lieutenant fidèle, passera son Tour cette année. Froome le sait, sur un coup du sort, la belle machine peut vite s’enrayer : « Ce qui me fait le plus peur, c'est qu'il se passe quelque chose qu'on ne peut pas contrôler, contre lequel l'équipe ne peut rien. Par exemple un accident, ou une maladie. Quelque chose qu'on ne peut absolument pas contrôler. Ce serait très frustrant. »

Dès les premiers jours, il pourrait y avoir quelques nuages pour noircir l’horizon Sky. L’ancienne légende du Tour, Raymond Poulidor prévient : « Froome a dominé tous ses adversaires depuis le début de saison, il est le favori. Mais il faudra passer les 3 étapes en Corse, parce que 200 coureurs sur les routes corses, ce n’est pas évident. » Et puis, le Britannique devra compter sur un autre aspect : son nouveau statut. Ultra-médiatisé, vainqueur annoncé, il a changé de dimension et ne le vit pas forcément bien : « Je n’aime pas la pression, mais je l’accepte. Aborder une course en position de favori, c’est un truc qui ne m’a jamais plu ». De quoi perdre les pédales ? Réponse à partir de samedi.

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