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Grosse casse chez les outsiders

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Une chute d’une trentaine de coureurs à 25 kilomètres de l’arrivée a mis hors-course de nombreux outsiders parmi lesquels Fränk Schleck, Hesjedal, Valverde, Boasson Hagen et Pierre Rolland. Et relancé le débat sur les oreillettes.

C’est sans aucun doute le premier fait marquant de ce Tour de France 2012. Nous sommes à 26 kilomètres de l’arrivée jugée à Metz. Sur le point de rattraper quatre échappés, le peloton roule à vive allure. La route est (assez) large mais le vent de côté souffle fort. La chute est presque inévitable. « C’était nerveux durant toute la journée, soupire le Français Pierre Rolland, durement touché aux côtes. Il y avait de la pluie, du vent… Tout le monde voulait être devant mais il n’y a pas de place. Ça allait très vite et ça fait mal. » Au sens propre, comme au figuré.
Relégué à 2’50 de Fabian Cancellara, le coureur d’Europcar n’est pas le seul à avoir perdu gros dans cette chute. Alors qu’une bonne trentaine de coureurs sont tombés, certains d’entre eux peuvent faire une croix sur leurs ambitions sur ce Tour.
C’est le cas du Canadien Ryder Hesjedal. Le vainqueur du dernier Tour d’Italie pointe désormais à… 13’38 du maillot jaune. Fatal. Mal en point avant la Grande Boucle en raison d’une épaule douloureuse, Fränk Schleck occupe quant à lui la 37e place du général à 2’43 du « Spartacus » suisse. Edvald Boasson Hagen, Alejandro Valverde, Jean-Christophe Péraud ou encore Michele Scarponi ont eux aussi perdu de précieuses minutes.

Bernaudeau : « Laissons faire les coureurs avec leur instinct de survie »

Autre victime de cette chute, Thomas Voeckler, 115e du général à 14’17 et dépité à l’arrivée, n’a pas hésité à critiquer les oreillettes. « Quarante-quatre directeurs sportifs mettent la pression aux coureurs pour qu’ils soient présents à un endroit précis. Mais il n’y a pas de place pour tout le monde, souffle le coureur d’Europcar. Sans oreillettes, ce serait moins nerveux. C’est mon avis, je l’assume. »
Cela tombe bien, Jean-René Bernaudeau, son directeur sportif, va dans le même sens : « Il faut arrêter de dire aux coureurs de remonter. Il n’y a pas de place pour tout le monde. Cette chute est arrivée à 65km/heure. Un tas, des bas-côtés glissants. Une catastrophe. Laissons faire les coureurs avec leur instinct de survie. Ça devient très tendu. Nous, on a perdu gros aujourd’hui. C’est une sale journée. » « JRB » a tout résumé.