RMC Sport

Guimard : « Si Wiggins fait le Tour, le loup est dans la bergerie »

Cyrille Guimard

Cyrille Guimard - -

La guerre des ego est ravivée au sein de l’équipe Sky après la désignation de Christopher Froome, aux dépens de Bradley Wiggins, comme leader pour le prochain Tour de France. Pour Cyrille Guimard, membre de la Dream Team RMC Sport, une seule solution pour apaiser les tensions internes : ne pas aligner le vainqueur sortant au départ de la Grande Boucle.

« Je crois qu’on est devant un cas de management des plus complexes, pointus. Soit Dave Brailsford arrive à bien manger ses deux coureurs, soit il n’y arrive pas et l’équipe s’effondre. Seul le patron peut régler le problème. Car il est évident qu’on ne peut pas avoir deux coureurs capables de gagner le Tour de France dans la même équipe. Et on a pu voir la rivalité entre ces deux grands champions. Si Brailsford est un grand manager, il laisse Bradley Wiggins à la maison. Ça ne sera pas simple mais il n’a pas le choix.

Il faut bien savoir qu’il a passé son hiver dans les salons car compte tenu de ses résultats, il a été énormément sollicité. Donc il n’est pas resté coureur cycliste. Il n’y a pas de secret : ou vous êtes sportif à 100 % et vous continuez à avoir les résultats que vous devez avoir par rapport à votre potentiel. Ou vous déviez et vous êtes moins performant. C’est ce qui lui arrive, et ça s’est vu sur ce Giro : logiquement, sur ce contre-la-montre de 54km, il devait mettre le deuxième à 3mn. Non seulement ce n’est pas le cas, mais celui qui va le battre est son ancien équipier (Alex Dowsett) !

« Wiggins a pris une claque par Brailsford »

Les résultats de Wiggins au Giro donnent donc pour l’instant raison à Dave Brailsford, mais qui n’a finalement pas le choix car il est devant un dilemme : il a un Wiggins qui a déclaré il y a quelques semaines que son objectif est de gagner les deux grands Tours. Donc quel que soit son niveau de performance, s’il fait le Tour de France, le loup est dans la bergerie.

Si on regarde le comportement de Bradley Wiggins sur le Giro, aujourd’hui, il n’est plus dans la course. Moralement, intellectuellement, il n’y est plus. La preuve, c’est qu’il préfère éviter de tomber plutôt que de se battre et d’être à l’attaque pour ne pas perdre de temps. Donc il se fiche du Tour d’Italie. Son vrai problème, c’est qu’il a pris une claque par Brailsford qui lui a rappelé que le patron, c’était lui, et que c’est donc lui qui décide de qui sera au départ du Tour de France. Or, Wiggins est un garçon un peu marginal qui n’a plus un statut normal dans l’équipe. C’est pour ça d’ailleurs qu’on se demande comment il ne pourrait pas être au départ de la Grande Boucle. »

A lire aussi :

>> Guimard : « Wiggins, un personnage difficilement gérable »

>> Sky et Wiggins montrent les muscles

>> Froome, le choix du patron

Les Grandes Gueules du Sport