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La botte secrète des Sky ?

Bradley Wiggins

Bradley Wiggins - -

Omniprésente depuis le début du Tour, la formation Sky tire peut-être sa réussite de la conception de ses vélos. Et en particulier de ses plateaux dits ozymétriques que Bradley Wiggins, Christopher Froome et Richie Porte ont adoptés.

Et si une révolution était en marche au sein du peloton ? On ne parle pas là de dopage mais de mécanique, où une innovation technique commence à faire parler du côté des coureurs. Une modification apportée à la forme du plateau des vélos, habituellement circulaire, qui désormais s’allonge pour tirer vers l’ovale. Son nom, le plateau ozymétrique, semble tout droit sorti d’un problème de géométrie de terminale scientifique. Huit coureurs en sont actuellement équipés sur le Tour de France, dont trois pour la seule équipe Sky… et pas des moindres. Il s’agit de l’actuel maillot jaune Bradley Wiggins, de son lieutenant Christopher Froome et de l’éclaireur des montagnes Richie Porte.

Louée par les meilleures gâchettes de Sky, cette originalité technique est adoubée par le directeur sportif Dave Brailsford : « Les trois l’utilisent et affirment que leurs sensations sont meilleures avec ce plateau. Et s’ils pensent que c’est mieux, alors c’est une bonne chose qu’ils l’utilisent ». D’après son concepteur Jean-Louis Talo, le plateau, qui peut passer de 60 à 52 dents selon la position des jambes, se révèlerait plus efficace qu’un plateau classique, notamment en côte : « Le pédalage est plus doux et le gain de puissance est de 10%, soit une vitesse améliorée de 2 à 2,5%. »

Voeckler : « les plateaux ovales ne conviennent pas à tous »

Pionnier en la matière, l’Américain Bobby Julich avait adopté le système en 2004, avant de convertir Bradley Wiggins à l’ozymétrique en 2009. Quelques semaines plus tard, le Britannique terminait quatrième du Tour de France, sa meilleure performance à ce jour sur la Grande Boucle. Mais si le plateau ozymétrique fait aujourd’hui les beaux jours de Sky, il ne fait pas encore l’unanimité dans le peloton.

Certains coureurs, à l’image du Français Thomas Voeckler (Europcar) y sont même plutôt hostiles. « Le plateau de Wiggins me donne la nausée tellement il est ovale, blague le vainqueur de la 10e étape. Les plateaux ovales ne conviennent pas à tous, et avec ma façon de pédaler, je sais que cela ne me conviendrait pas. Et puis, cela fait presque dix ans qu’ils existent, et les meilleurs coureurs de ces dernières années, comme les Schleck ou Contador, ne l’ont pas adopté ». La formation Sky, elle, en a fait une de ses bottes secrètes.