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La grosse frayeur de Voeckler

Le maillot jaune a perdu de précieuses secondes après avoir tiré tout droit dans un virage pour finir dans un parking...

Le maillot jaune a perdu de précieuses secondes après avoir tiré tout droit dans un virage pour finir dans un parking... - -

Deuxième victoire d’étape pour le Norvégien Edvald Boasson-Hagen, arrivé premier mercredi à Pinerolo en Italie, aux termes d’une 17e étape où le maillot jaune a cédé du terrain après avoir frôlé la catastrophe.

Thomas Voeckler a roulé avec panache dans les Alpes italiennes pour rester au contact des favoris, mais deux fautes dans l’effrayante descente de Pramartino lui ont couté 27 secondes au général. A mi chemin de cette côte sinueuse de 6,7 km, le maillot jaune a tiré tout droit pour finir dans le parking d’un particulier, avant de faire demi-tour, et repartir en chasse. Plus de peur que de mal, mais après un premier virage déjà mal négocié dans les sous-bois du Haut-Turin, le Français s’est fait une très grosse frayeur. « J’ai eu de la chance, il y aurait pu avoir un mur, ça aurait pu être une clavicule ou pire. 27 secondes ce n’est pas cher payé, mais c’est certain que le VTT n’est pas ma spécialité », soufflait-il à l’arrivée, visiblement secoué par ses mésaventures alpestres.
Le coureur Europcar a franchi la ligne 28e à 4’53 d’Edvald Boasson-Hagen (Sky), vainqueur du jour, et à un peu moins d’une demi-minute des gros, Alberto Contador (Saxo Bank), Cadel Evans (BMC), les frères Schleck (Leopard Trek), et Samuel Sanchez (Euskatel). Voeckler regrette de ne pas avoir su tirer profit d’une position idéale en haut du dernier col, qu’il n’avait cependant reconnu qu’avec la vidéo. « J’ai basculé en tête, et j’ai voulu attaquer pour reprendre du temps sur mes adversaires. Si j’avais fait moins le chien fou… » Une stratégie d’attaque, déjà éprouvée la veille à l’approche de Gap, que ne déjuge pas Cyrille Guimard, consultant RMC Sport. « Sa condition physique est bonne, mais il a fait deux fautes dans deux virages qu’il n’aurait pas du faire, il voulait reprendre des secondes. Dommage. »
L’Alsacien termine en jaune pour la neuvième journée, et s’il n’est qu’à 24 heures de sa performance de 2004, il voit son avance fondre irrémédiablement. Evans est à 1’18, Fränk Schleck à 1’22, son frère Andy à 2’36, Sanchez à 2’59, Contador à 3’15. Jeudi le Galibier, vendredi l’Alpe D’Huez, samedi le contre-la-montre à Grenoble…, le Français s’apprête à souffrir. « Tous les jours j’en perds un peu plus, heureusement que j’avais une bonne avance. Demain (jeudi) ce sera plus dur, dans le Galibier je ne sais pas si j’arriverai à suivre les collègues… »

Contador : « Je me sens de mieux en mieux »

Parmi ces « collègues », Contador est celui qui s’est montré le plus en 48 heures. L’Espagnol a allumé deux mèches dans l’ascension de Pramartino, mais cette fois ses adversaires ont répondu, notamment les Schleck, contrairement à la veille où ils s’étaient fait piéger dans le col de Manse. « C’est comme hier, j’ai attaqué, mais cette fois ils ont réagit. Je me sens de mieux en mieux », s’est félicité le triple vainqueur de l’épreuve. Dans la descente, le leader Saxo Bank, épaulé de son compatriote Samuel Sanchez, déjà aux petits soins la veille, a infligé un rythme impitoyable à ses rivaux, Voeckler en tête. Comptant une dizaine de secondes sur Evans et les frères Schleck à 3 km de l’arrivée, les deux Espagnols se sont fait rejoindre dans les derniers hectomètres. « C’était très dangereux, on ne voyait pas les virages », raconte Sanchez. Opération blanche sur le plan comptable entre les trois gros, qui reviennent comme un boulet sur le maillot jaune sans pour autant se départager. Mais El Pistolero a montré qu’à l’approche des deux grandes étapes des Alpes, il a retrouvé ses jambes de feu des Dolomites, sur le dernier Giro.